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Renault et l’inconduite …. sexuelle

19 mai 2012

Vous avez tous vu ces publicités Renault où l’inconduite est mise à l’honneur à condition qu’elle soit sexuelle !

Ce mariage où un père et sa fille, toute de blanc vêtue et bouquet de fleurs à la main, remontent ensemble une salle de mariage.

Ce n’est pas le mariage de la fille mais celui du père et il se marie avec un homme (trop très jeune d’ailleurs!)

Il y a aussi ce fils qui découvre son père en drag queen :

et qui tente de profiter de passe-droits pour entrer dans une boite de nuit.

Et aussi cette mère qui se moque du tatouage de sa jeune fille, il est vrai moins grand et moins coloré que le sien.

David Abiker trouve cette publicité choquante et s’interroge sur ce monde bizarre qui est le nôtre et qui fait qu’un fabriquant de voitures doit faire des publicités où parents et enfants comparent leurs attributs sexuels  pour vendre ses produits.

Il a raison. Un monde d’hommes et de femmes civilisés devrait ne pas avoir à faire appel à nos instincts pour convaincre mais seulement à l’intelligence.

Seulement voilà,  pour se faire remarquer d’abord, pour  convaincre ensuite comme le dit Georges Bernanos, il est

 beaucoup plus facile de s’appuyer sur les vices de l’homme que sur ses besoins.

De même qu’elle interdit des publicités pour aliments sans que ne soit présente les mentions sur les 5 fruits et légumes par jour, manger et bouger, ne manger ni trop gras ni trop salé ni trop sucré, la législation française de la publicité interdit en effet que les fabricants de véhicules automobiles vantent leurs produits en utilisant des arguments techniques de puissance et de vitesse.

Mais elle n’interdit pas les publicités à connotation sexuelle.

Il reste donc le sexe et l’humour. Et toutes ces publicités jouent sur le décalage entre ce qui est attendu comme normal et la surprise : le mariage bourgeois du père avec un jeune homme,  la mère qui reproche à sa fille de s’être fait tatouer un truc petit et moche, le fils qui interpelle son père en drag queen pour entrer dans sa boite de nuit.

Et comme ces pubs ne doivent pas trop choquer, ces publicités sont effectivement dans l’air du temps.

Elles montrent que oui, nous vivons en France une période où la sexualité est omniprésente et affichée.

David Abiker pose cette question :

Curieux également, que cette publicité résume si bien une tendance qui conduit l’adulte à se comporter comme un enfant et l’enfant à entrer très tôt dans les comportements d’adultes. Je ne suis pas sûr que l’affirmation comme quoi « Les temps changent » suffise à l’expliquer.

Et pourtant, c’est bien la réponse, je le crains.

En réalité, ces publicités et même celle qui n’existe pas et qu’il invente sur un vieux mâle et son fils qui se comparent les attributs, c’est juste la nature. Le jeune mâle veut dégommer le vieux pour devenir chef de la meute. Pour les femelles, c’est pareil : la vieille dit à la jeune, ma petite t’as encore des progrès à faire pour pouvoir être couverte.

Mais c’est seulement notre monde occidental de la deuxième moitié du 20e siècle qui a « sacralisé » l’enfance et du coup prolongé sans limite l’enfance. Ailleurs aujourd’hui encore, et chez nous il n’y a pas si longtemps, les enfants ne sont que des hommes et des femmes plus petits : on les habille comme les adultes, on les marie tôt, ils travaillent tôt, ils se reproduisent tôt.  Et ailleurs aujourd’hui et chez nous avant, la sexualité restait cachée.

L’état d’enfance et d’adolescence sont des créations artificielles de notre monde occidental : la puberté arrive très tôt dans la vie et nous ne voulons pas tenir compte de ce signe naturel du passage de l’enfant à l’âge adulte. Nous demandons à nos enfants de n’en pas tenir compte, alors qu’ils sont devenus hommes et femmes, de continuer à se comporter comme des petits enfants. D’attendre d’avoir 30 ans avant de se marier et de se reproduire.

Je crois que le problème est plutôt là.

C’est bien plus tôt qu’ils veulent vivre en couple. Mais comme nous leur avons expliqué que jeunes, ils sont crétins et NE PEUVENT prendre de bonnes décisions pour leur avenir, ils n’envisagent pas de se marier jeunes. Mais ils vivent ensemble jeunes en sachant, nourris de cette idée dès le biberon, que leur premier couple NE PEUT PAS être le bon. Et les parents valident cette idée en acceptant tous ces tests de vie conjugale.

Et les parents qui eux aussi changent de couples parce que, hein, bon ya pas de raison, se retrouvent de fait en concurrence avec leurs enfants sur le marché du sexe et de l’amour. Et ces publicités montrent cette réalité.

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7 commentaires leave one →
  1. masrwatouness permalink
    19 mai 2012 08:43

    Je partage votre analyse. Je pense que simplement que les publicitaires ont compris que le seul moyen d’inciter encore plus à la consommation dans un contexte déjà saturé de marques, c’est de chercher à accentuer le comportement irrationnel des adultes, à provoquer la compulsion d’achat. Quoi de plus irrationnel et compulsif qu’un enfant qui s’entiche d’un jouet un jour pour le délaisser le lendemain pour un autre? Ou qu’un ado qui n’a d’yeux que pour une idole un jour pour s’amouracher d’une autre le lendemain? La pub veut faire des adultes des grands attardés cumulant à la fois la capacité à être fasciné (et donc manipulé) des enfants et la propension à être gouverné par les hormones (et donc manipulé) des adolescents.

    Les pubs Renault sont très symptomatiques de ce point de vue, mais j’avoue qu’il y en a une autre qui m’a interpellé ces temps-ci, c’est la pub de Yop, où, si elle ne porte pas de message sexuel porte un message infantilisant. On y voit une mère se comporter comme une gamine capricieuse quand son ado boit dans sa bouteille (elle utilise même des intonations enfantines). L’évolution de la pub Yop des années 90 à 2012 est saisissante. Au moins en 1996 c’était un gamin qui lançait la fameuse réplique « j’ai craché dans mon Yop »

  2. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    19 mai 2012 08:58

    Oui, je suis d’accord avec vous ! C’est d’autant plus socialement vrai que les sociologues qui on créé l’ l’adOlescence ont créé récemment l’adUlescence pour ces adultes qui ne veulent pas grandir !

    Il faut dire aussi que tous ces parents qui surprotègent leurs enfants créent des adultes peureux qui ne veulent pas sortir de ce monde ouaté et sucré de l’enfance ….

  3. masrwatouness permalink
    19 mai 2012 09:11

    Nous tendons malheureusement vers une société basée de plus en plus vers la pulsion: pulsion d’achat (publicité), pulsion sexuelle (au point même que la fidélité devient un concept « ringard » pour certains), pulsion morbide (alcoolisme, drogues, le tout à un âge de plus en plus jeune). La pulsion qui vient donc s’opposer à la rationalité, la responsabilité et la fiabilité de l’adulte. Bienvenue dans un monde où les trentenaires vont écouter Casimir en concert pendant que les jeunes de 15ans écoutent des artistes dévêtus aux chorégraphies suggestives!

  4. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    19 mai 2012 09:24

    Oui. Je suis d’accord. Plaisir d’abord en oubliant que le plaisir se mesure aux déplaisirs et qu’à force de renoncer à l’effort, les plaisirs simples n’apportent plus de satisfactions ce qui contraint à rechercher des plaisirs complexes, tordus, et où le précédent plaisir servant de mesure au suivant, il faut forcer la dose.
    C’est vrai de l’alcool, des drogues et du sexe.

  5. Edel permalink
    19 mai 2012 14:56

    Pas entièrement d’accord.
    D’abord, l’idée que la sexualité était cachée autrefois, c’est une énorme plaisanterie. Pendant des siècles, les gens vivaient à la campagne pour la grosse majorité, et pendant longtemps toute la famille dans la même pièce. Donc les petits grandissaient en voyant le taureau monter la vache, et, quand ils se réveillaient la nuit, ils voyaient papa et maman s’aimer. Je ne pense pas qu’on puisse qualifier les fabliaux du Moyen Âge de « cachant l’amour »… Le fait de cacher la sexualité est un phénomène beaucoup plus récent, issu d’une forme de jansénisme et du puritanisme anglo-saxon. Heureusement qu’on en est revenu ! Même si on est passé à l’excès inverse, à l’exhibition et à l’exploitation du sexe.

    Par ailleurs, il y a tout de même un fait : les mariages conclus avant vingt ans terminent bien plus souvent en divorce que les mariages conclus plus tard. C’est un phénomène assez normal : les personnalités continuent à se former bien après la puberté. C’est vrai que la société actuelle a tendance à ralentir le processus, parce qu’elle tire vers l’enfance et limite les contacts avec ce qui forme la personnalité, i.e. la réalité des responsabilités, de la souffrance et de la mort, des conséquences des actes…

    Je ne puis vous suivre non plus sur des points tels que « l’enfance et l’adolescence sont des créations artificielles de notre société contemporaine ». L’enfance a toujours existé (on parlait de pueritia à Rome, par exemple), elle a toujours été un temps de formation, et c’est normal. Et si la période que nous appelons adolescence est un phénomène contemporain, telle que nous la connaissons, on peut relever dans l’histoire des indications montrant que l’individu n’est pas pleinement considéré comme adulte lorsqu’il sort de l’enfance proprement dite, vers une douzaine d’années. Ainsi, selon les théoriciens protestants des guerres de religions, le roi est majeur à treize ans, mais jusqu’à vingt-et-un il doit encore être guidé pour gouverner son royaume. A Sparte et à Athènes, le jeune homme n’était vraiment considéré comme adulte qu’après deux années de service militaire (et encore à Sparte n’était-il pas alors pleinement maître de sa vie).

    Cela dit, c’est vrai qu’il y a là un cercle vicieux : parce que notre société maintient les jeunes immatures, on le leur répète, et par conséquent, ils le restent.

  6. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    19 mai 2012 16:02

    Bonjour,

    Vous avez raison sur le fait que la sexualité était courante et proche (et c’est pourquoi nous sommes là pour en parler ;)) Elle n’était toutefois qu’un truc de la vie, comme uriner : une chose naturelle, on le fait mais ce n’est pas un but. Elle a aujourd’hui un côté toujours présent et je trouve personnellement qu’on lui attache trop d’importance, tout comme la séduction d’ailleurs.

    Pour ce qui est de l’enfance, vous avez raison aussi pour une petite part. L’âge de majorité complète du roi de France est tout à fait particulier : il prenait des décisions pour un pays entier, une population et il avait une majorité particulière. Mais je ne parlais nullement de ‘majorité’. Il y en a tant : civile, pénale, électorale, élective, matrimoniale, sexuelle …

    Je parlais de ce comportement qui fait que les parents gardent leurs enfants en enfance, les surprotègent au lieu de les responsabiliser, les élèvent entourés de peurs plutôt que de risques.

  7. Claire-Aude permalink
    10 juin 2012 18:24

    Bonsoir,
    Consternée aussi par certaines publicités…
    Une chose dans votre billet rejoint aussi un « débat » entendu récemment et j’aimerais bien connaître votre avis à ce sujet: concernant la différence d’âge dans un couple (notamment quand le marié, par son âge, pourrait être le père de la mariée).
    En fait cela fait un moment que je connais votre blog et viens le lire sans laisser de commentaires et cela a éveillé ma curiosité 🙂

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