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Bienheureux Jean Paul II

30 avril 2011

Jean Paul II et mère Térésa

La sainteté n’est pas une récompense ou une décoration. C’est un objectif pour chacun de nous :   » Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait «  (Mt 5, 48) et  le chemin de la perfection passe par la croix. Il n’y a pas de sainteté sans renoncement et sans combat spirituel. La sainteté c’est donc entre Dieu et chacun d’entre nous : les renoncements ne sont pas identiques pour chacun de nous et le combat spirituel est différent pour chacun de nous.

 Le Code de droit canonique , en ses canons 1186 et 1187, rappelle pourquoi certains sont déclarés saints : ils doivent servir d’exemple au peuple de Dieu :

Can. 1186 – Pour  favoriser la sanctification du peuple de Dieu, l’Église recommande à la vénération particulière et filiale des fidèles la Bienheureuse Marie, toujours Vierge, mère de Dieu, que le Christ a établie Mère de tous les hommes, et elle favorise le culte véritable et authentique des autres Saints, dont l’exemple en vérité édifie tous les fidèles et dont l’intercession les soutient.

Can. 1187 – Il n’est permis de vénérer d’un  culte public que les serviteurs de Dieu qui ont été inscrits par l’autorité de l’Église au catalogue des Saints ou des Bienheureux.

Il y a donc beaucoup de saints qui n’ont pas été DÉCLARÉS saints par l’Église mais qui sont pourtant saints.

D’ailleurs l’histoire des déclarations de sainteté montre bien que les saints à vénérer servent à l’éducation, à l’édification des fidèles. Ils sont des modèles.

Les premiers saints étaient des martyrs, à l’imitation de Jésus Christ et des apôtres. Leur martyr suffisait pour qu’ils soient reconnus saints. Leur combat spirituel à eux était probablement de ne pas renoncer à leur foi pour avoir vie sauve ou de ne pas maudire ce Dieu à cause de qui ils allaient souffrir et mourir.

Puis lorsque les chrétiens ne furent plus persécutés, ils ont cherché un autre moyen d’imiter le Christ. Ce fut en abandonnant tout, famille, biens, amis et plaisirs. C’était la naissance de l’érémitisme avec pour modèle Saint Antoine. Jeune homme riche, il a distribué ses terres et ses biens aux pauvres et est parti vivre au désert ce qui lui assurait pauvreté et chasteté. Son combat spirituel à lui était très réel car Satan n’a pas cessé de le tourmenter.

Il fallait aussi assurer le développement de la foi et les saints missionnaires apparurent : Saint Patrick, Saint Cyrille et Saint Méthode sont les archétypes des missions d’alors.

Pontigny, fille aînée de Citeaux

Il restait un dernier abandon à accomplir, celui de sa propre volonté et cet abandon là a donné l’âge d’or du monachisme occidental. Il y avait certes des monastères avant mais ils étaient surtout organisés en fonction de la nécessité de faire vivre en commun de nombreux clercs. Saint Benoît a créé les bénédictins. Ils ont répandu la culture intellectuelle en prônant le travail intellectuel comme vecteur de la méditation. Saint Bernard fut le plus célèbre des cisterciens. Ils ont répandu la culture agricole en étant de grands défricheurs et en prônant le travail physique.

Dans ces époques, les canonisations résultaient des cultes qui étaient voués spontanément à certains chrétiens sur leurs tombes ou dues à des miracles qui leur étaient attribués. Chaque évêque déclarait les saints de son diocèse. Les Propres locaux existent toujours.

C’était l’époque de la reconnaissance sociale populaire de la sainteté de certains. Un peu comme le cri de la foule sur la place saint Pierre : sancto subito. L’élan d’une population qui aimait son pape et voulait le révèrer.

Petit à petit, au deuxième millénaire, l’Église se prit de faire des enquêtes sur les miracles allégués et sur les vertus des saints. Saint François d’Assise fut l’un des premiers à être déclaré saint après un procès comme ceux d’aujourd’hui, 3 ans après sa mort. Saint Antoine de Padoue, seulement deux ans après sa mort. Saint Louis,  27 ans après sa mort. Sainte Jeanne d’Arc, 489 (sic) ans après sa mort ! Mère Térésa, seulement 3 ans après sa mort.

Le Code de droit canon actuel date de 1983. Il est donc à l’initiative de Jean Paul II. C’est dans ce Code qu’est la règle selon laquelle il faut attendre 5 ans avant d’ouvrir un procès en béatification ou en canonisation. Ce même Code prévoit aussi la possibilité pour le Saint Père d’autoriser par décret que ce délai soit raccourci.  Jean Paul II a d’ailleurs utilisé cette possibilité canonique pour Mère Térésa. On ne m’empêchera pas de penser que les râleurs s’appuient toujours sur le droit lorsqu’il leur donne un motif neutre en apparence de critique. Les mêmes qui critiquent le droit lorsqu’il ne leur plait pas….

Sainte Thérèse

Quant à moi, j’aime particulièrement Saint Thérèse de l’Enfant Jésus et la Sainte Face : d’un point de vue journalistique, elle n’a rien fait ! Close au Carmel à 16 ans, morte à 24, elle n’a fait qu’aimer Dieu et le prier. Elle a tenu même quand elle a ressenti sa nuit de foi, même pendant sa maladie.  Elle est mon modèle en ce qu’on peut être saint sans RIEN faire de socialement remarquable. Elle aussi a fait l’objet immédiatement après sa mort d’une vénération locale, qui s’est répandue dans toute l’Europe et au delà. Elle a été canonisée 27 ans après sa mort.

Alors Jean Paul II, béatifié (et non canonisé) 6 ans après sa mort, ce n’est pas si rapide que cela. Comme pour Sainte Thérèse, Mère Térésa et des tas d’autres, il bénéficie d’une vénération spontanée, vieille tradition des chrétiens. Le décrèt de sa béatification fixe la célébration liturgique de sa mémoire : elle pourra avoir lieu tous les jours jusqu’au 1er mai 2012 et ensuite elle aura lieu le 22 octobre dans le Propre de Pologne et dans celui de Rome.

Certains ne sont pas d’accord avec la béatification de Jean Paul II. Même dans l’Église. Certains pensent que la décision a été trop rapide. Pour simplifier, les râleurs catholiques lui reprochent une liturgie simplissime, son ouverture aux autres religions, l’instauration des dialogues avec les juifs et les musulmans. Les râleurs non catholiques lui reprochent sa position sur la théologie de la libération, la vie de famille, la sexualité et les contraceptifs. Bref, des visions très politiques et guère spirituelles.

Mais d’un autre côté un Saint Siège qui fait sur son site officiel  un focus sur la réponse de l’Église aux abus sur les mineurs est un Saint Siège qui ne manque pas de courage. Quand on a ce cran-là, n’en déplaise aux criticailleurs de tous poils, on ne prend pas de décision sous une quelconque pression. L’Église n’est que la voix de Dieu et non pas un lieu de référendum. Et quel référendum d’ailleurs ? Comme les premières primaires socialistes, ouvert aux seuls baptisés, ou comme les secondes, ouvert à tous ceux qui veulent voter ?

Ce qui compte n’est donc pas ce qu’ ON (et pour une fois le ON indéfini est approprié) en pense, mais ce que Dieu en pense.

L’Église, voix de Dieu, a déclaré Jean Paul II bienheureux et ne serait-ce que par humilité, tous les catholiques doivent l’admettre.

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4 commentaires leave one →
  1. corbulon permalink
    2 mai 2011 19:11

    excellente analyse, que je partage avec enthousiasme, en dépit des rabats joies coutumiers.
    Sanit Louis marie de Montfort, que feu le Saint Père lisait avec acharnement, et Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus nous rappellent l’importance de la Vierge Chez Jean Paul II.

    La sainte contemplation du Christ, l’émerveillement par la prière quotidienne, le recueillement, sont des attitudes inaudibles au paganisme tapageur des Modernes épris de communication, autistes en puissance par ignorance et sécheresse du coeur.

    dans un registre similaire, le dossier Pie XII relève de la même analyse.

    respectueusement,

  2. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    2 mai 2011 19:36

    Oui, vous avez raison.

    Et relisez ce post dans quelque temps, je vais y ajouter des précisions.

  3. Xavier permalink
    1 février 2012 21:00

    N’oublions pas ce que disait Thomas d’Aquin dans sa somme théologique :

    « Les saints peuvent jouir de leur béatitude et de la grâce de dieu avec d’autant plus d’abondance qu’il leur est donné de contepler le châtiment des damnés en enfer. »

    Quelle perspective !

    Mais le Sophiste Crucifié n’aurait-il pas dit (Luc 14:26) : « Si quelqu’un vient à moi, et s’il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, et ses soeurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. »

    Je ne saurais mieux terminer que par une citation de Patrick Declerc : « Le christianisme, lèpre de l’Occident, corrompt de son souffle fétide, de ses doigts pourris, tout ce qu’il touche. La maladie, toute maladie, est sienne. C’est là, sa condition de possibilité, sa catégorie, sa jouissance. Son sexe, en somme. Le christianisme… Cette désolée gâteuse, cette vieille toute de deuil infini, cette navrante sorcière, qui ne mouille plus de lécher, et à quatre pattes, les ulcères de Job. Et ces ulcères justement lui sont sacrés. Ils ne doivent pas… Ils ne peuvent pas guérir. On a besoin d’eux… Ils sont la démonstration ultime de la vérité christique. La preuve par pus ! Pauvre Job, idiot de la famille. Mais idiot utile… »

    Paix sur vous et sur les vôtres.

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