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Le centre ou la mort de la démocratie

4 janvier 2011

Il y a 15 mois maintenant, je critiquais déjà ici une pseudo démocratie qui ne donne pas de poids le droit de vote à nos enfants qui sont pourtant notre avenir. Avant moi, un autre l’avait déjà fait. Et maintenant The Economist reprend la même idée. On ne peut prétendre que soit démocratique une société qui prive une grande partie des siens du droit de vote.

Il y a trois semaines, je disais une partie des raisons qui font que je ne considère pas la démocratie comme un modèle nécessaire.

Maintenant, bien que Natalia ne m’ait pas taguée sur ce sujet  😉 tant pis, je m’auto tague elle me donne une autre raison : le centre. 

D’abord, le centre n’existe qu’en géométrie. Cette existence est donc un modèle d’arbitraire : pas de figure créée, pas de centre. D’ailleurs, même la région Centre n’est pas au centre de la France.

En politique, c’est tout de suite égocentré. Les hommes politiques du centre : ceux qui n’ont pas trouvé dans les autres partis la place qu’ils estimaient devoir avoir leur place. Les électeurs du centre : des électeurs d’un parti qui voudraient changer de convictions mais ne veulent pas se brutaliser. Le centre, c’est pratique pour eux.

Le centre, c’est le fantasme de Procuste ou plus récent, de Molière : ni trop, ni trop peu. Le culte du juste milieu, de la moyenne, dans l’espoir que s’y trouverait la vérité, la justice. En fait ce ne sont que des idées, même pas des mathématiques mais seulement de la statistique, ce truc inventé comme aide à la décision de ceux qui ne savent pas décider.

Pour de vrai on n’y trouve que du médiocre, que du fade, que du banal. En politique : un peu de libéralisme + un peu de communisme et on devrait tomber juste : au milieu, au centre quoi.

Aujourd’hui, ça donne quoi ? le pire des malthusianismes, des pessimismes, de l’écologisme. C’est la mort de l’espoir.

Et moi, je ne peux pas vivre sans espoir. Je préfère vivre avec l’idée que demain sera meilleur qu’aujourd’hui et qu’il faut que je me bouge pour ça plutôt qu’avec l’idée que demain sera pire qu’aujourd’hui même si je me prive pour ça !

Et puis d’abord, pourquoi être certain que demain est dangereux, mauvais, pire qu’aujourd’hui ?

Mais aujourd’hui en France, on n’a jamais été aussi heureux :

  • 65 ans sans guerre sur notre territoire,
  • quand on en est à se préoccuper de manger 5 fruits et légumes par jour, c’est qu’on a largement à manger
  • une médecine plus faite de prévention que de thérapie
  • on ne cherche plus un emploi : on cherche le même emploi qu’avant, au même endroit et au même salaire ! c’est dire si les indemnités chômages sont intéressantes
  • une sécu ruinée parce qu’on rembourse même l’aspirine, parce qu’on soigne gratuitement tous ceux qui vivent en France, régulièrement ou pas, ceux qui sont de passage en France, ceux qui n’ont jamais cotisé et même ceux qui n’envisagent pas de cotiser
  • des jeunes qui ne veulent pas d’un CPE :  ils rêvent donc d’une vie sur des rails, avec le même job assuré, pour toute la vie (? pas étonnant qu’ils s’emmerdent à vivre !)
  • des jeunes qui à 20 ans ont déjà peur de ne pas partir à la retraite !
  • 53 millions de téléphones portables en France, l’abonnement est peut-être un peu cher mais depuis quand le téléphone portable est-il devenu indispensable ? 

Et pourtant, tout le monde râle. Tout le monde souffre et tout penseur commence à réfléchir par « le monde d’aujourd’hui est plus dur que celui d’hier ». Ben voyons : espérance de vie la plus élevée jamais atteinte, TV et ordinateurs partout, un logement par famille et non plus trois générations dans le même logement. La plupart des familles avec deux revenus (ce qui signifie quand même qu’il y a énormément de travail !). La très grande majorité de ceux qui n ‘ont pas de voitures vivent en centre ville. Le niveau de vie des français n’a jamais été aussi élevé.

Mais les français ne s’en rendent pas compte : ils sont plus pessimistes que les afghans et les irakiens !  Alors c’est vrai que dans ces pays, on peut espérer que la situation s’améliore, moins de soldats étrangers, plus d’égalité entre les sexes, des trottoirs partout, de l’électroménager pas cher, des cinémas dans toutes les villes, moins de violence, plus de justice …. Ben voyons. Vous y croyez vraiment ? Et chez nous, ce ne serait pas bien ?

Le rapport avec le centrisme, me demanderez-vous ?

Chez nous, ce qui manque ? Quelques personnes ont des difficultés. OK. Ce n’est pas bien. Pensez-vous vraiment qu’avec quelques mesures sans ambition, on pourra résoudre leur problème ? Bien sûr que non.

On fixe en France le seuil de pauvreté à 60% du niveau de vie médian. C’est donc une « pauvreté abstraite » qui ne pourra jamais disparaître puisque par définition, la moyenne étant le résultat statistique entre les riches et les moins riches, il y aura toujours des moins riches que d’autres !  Et pourtant, c’est cette « pauvreté abstraite » qui émeut et qui sert souvent de raison à un choix politique. Alors que ce problème ne peut pas être résolu tel qu’il est posé.

Bien sûr, je suis choquée qu’il y ait des très pauvres. L’idée dominante d’aujourd’hui, c’est qu’il ne faut pas qu’il y ait des très riches. Comme si l’absence de très riches pouvait supprimer les pauvres ! Il faut admettre une fois pour toutes qu’il y aura des plus pauvres que d’autres. Et si ce n’est pas en fric, ce sera en beauté, en intelligence, en qualité de travail, en chance, en malgnité, en astuce, en triche, en tout ce que vous voulez d’autre.

Parce que la nature humaine est comme cela, parce que quand vous supprimez des aristocrates, il se crée automatiquement des apparatchiks.

La seule solution économique et/ou politique pour éviter cela, c’est l’égalitarisme parfait des chinois de la révolution culturelle chinoise : tout les monde les mêmes vêtements, les mêmes chaussures, les mêmes paroles, les mêmes pensées, le même enfant unique, les mêmes menus, le même espoir de ne jamais sortir de l’uniformité. Quelque soit le boulot, les compétences, les goûts. Et si vous n’êtes pas d’accord, au choix vous êtes fou et c’est l’asile ou vous n’êtes pas fou et c’est la rééducation.

Et je crois profondément qu’il vaut mieux donner à tous l’espoir d’avoir plus par leur propre activité que donner à tous la certitude d’avoir un minimum par le travail des autres. Parce qu’avec le temps, le minimum se réduit comme peau de chagrin. Parce que sauf à être saint, pourquoi travailler beaucoup pour les autres et pas pour soi ? Parce que sauf à être saint, on finit par se dire qu’on aura le minimum même san travailler.

Le centre, c’est cette hypocrisie facile : prenons un peu (juste un peu) là où il y a beaucoup pour donner un peu (juste un peu) là où il y a moins. Oh, ça marchera une semaine, une année. Mais force est de constater que le meilleur moteur de l’économie, c’est quand même la volonté de s’enrichir de certains. C’est l’espoir pour la plupart de continuer à entasser les choses : une TV, puis deux, un téléphone portable pour chacun dans chaque famille, etc.

Le centre, c’est rêver d’un monde de Bisounours : Choupiland.

La seule chose qui pourrait nous y conduire : la sainteté et pour cela, il faut de la spiritualité. Et cela commence par le N’AYEZ PAS PEUR que Jean Paul II adressait aux jeunes catholiques. Ils sont devenus adultes. Qu’en ont-ils fait ?

Mais c’est vrai aussi qu’il n’y a que 4,5 % de français qui soient catholiques ! Dommage.

Quand on n’a pas peur de la vie, on n’est pas au centre.

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14 commentaires leave one →
  1. 4 janvier 2011 22:33

    J’ai l’honneur d’être tagué sur le sujet alors je vais devoir m’y coller… Vous êtes un peu dure pour le centre ! En réalité, le problème tient aussi (surtout) au fait que le centre n’est pas uniquement un milieu mais aussi un ailleurs (comme le dit L. de Boissieu). Bon allez je ne vais pas user toutes mes cartouches alors que tant de choses intelligentes ont déjà été dites sur le sujet !

  2. 5 janvier 2011 00:14

    « Le centre, c’est cette hypocrisie facile » :

    je suis bien d’accord avec la description de ce qui fait avancer ou pas, mais je ne trouve pas tellement que le centre actuel en France ait à voir avec ça…

    pour cette période, le centre, c’est un besoin de concentrer l’énergie de tout le monde au service du bien commun plutôt que de la dilapider en affrontements stériles et destructeurs, ou pire, en simulacres d’affrontements …pendant que ceux qui sont censés gérer notre budget ne font rien d’autre que se le mettre dans leurs poches percées et que ceux qui sont censés être un contrepoids ne font rien d’autre que de rêver être à leur place..

    Pour moi, le centre , c’est des gens qui avaient dit exactement ce qui se passe (concentration des pouvoirs, institution d’un régime qui augmente les injustices au lieu d’essayer de les limiter, censure, menace, intimidation…), et qui ont préféré lâcher des places bien confortables pour essayer de mettre en place quelque chose de juste.

    et ça me suffirait presque. (à quelques détails techniques près, qui malheureusement ne sont pas là, comme une garantie contre l’eugénisme et l’euthanasie).

    Cela dit, dans l’ombre, il y a peut-être plus de gens de bonne volonté et prêts à prendre des risques pour faire passer des lois bonnes dans le gouvernement que dans les partis des centres… donc bon, on peut aussi compter sur ceux qui pensent pareil que ceux qui se disent du centre, mais qui sont restés en place pour faire avancer les choses de l’intérieur.
    et là, c’est difficile de comparer.

  3. 5 janvier 2011 07:40

    « Mais force est de constater que le meilleur moteur de l’économie, c’est quand même la volonté de s’enrichir de certains. C’est l’espoir pour la plupart de continuer à entasser les choses : une TV, puis deux, un téléphone portable pour chacun dans chaque famille, etc. »

    Quelle fantastique vision… D’abord j’aurais tendance à penser que l’économie est bien trop aux centres de nos vies, et qu’il serait peut être bon de la remettre un peu à sa place, surtout quand on parle de Politique et qu’on cause sur le bonheur des gens (car finalement c’est bien cela l’essentiel non?).
    Quand à la seconde partie de la phrase (et on retrouve cela ailleurs dans le billet) c’est une description -avec approbation ce me semble- de la société de (sur)consommation actuelle : consommer au dela du besoin, et très nettement au delà, pour entretenir le mouvement de la croissance. Ce qui mène dans le mur non seulement beaucoup d’économies, non seulement beaucoup d’environnements, mais fondamentalement ne rend pas les gens heureux. Scoop : avoir 4 télés, 2 téléphones portables et 1 voiture ne rend pas heureux : c’est ce qui ressortdu sondage que vous moquez…

  4. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    5 janvier 2011 07:59

    Bonjour et merci à vous deux

    @do
    « Un régime qui augmente les injustices », c’est exactement ce genre de bisounoursserie que je dénonce à Choupiland. Ce qui importe, ce n’est pas à mon sens la différence entre les gens, c’est que tout le monde ait le minimum nécessaire. Cet inconscient qui fait dire que tout le monde doit avoir a peu près la même chose, c’était la pensée de Mao.
    C’est la vie qui fait l’injustice : plus ou moins grand, plus ou moins beau, en bonne santé ou pas, jeune ou vieux, intelligent ou pas, doué pour l’insertion ou pas, bon avec ses pieds ou avec sa tête, sportif ou pas, musicien ou pas, intelligent ou pas, discipliné ou pas, gros dormeur ou pas, ressentant ou pas des insatisfactions, jeune ou vieux, malade ou pas, débrouillard ou pas, jouisseur ou ascète.

    Et c’est l’ensemble de tout cela qui fait qu’on est heureux ou pas. Et ceux qui passeront leur temps à se comparer à leur voisin en ruminant « c’est pas juste » ne seront jamais heureux !

    @NM
    Eh oui, je sais, pour beaucoup, le centre n’est pas au centre mais ailleurs.
    Joli slogan. Jeu de mot facile qui ne démolit que mes moqueries géomètriques mais pas le reste.
    Et Do a exactement répondu augmentation des injustices. C’est bien prendre un peu aux uns pour donner aux autres. Et depuis quand est-ce l’absence de différence qui fait la justice ? Qu’on le fasse du centre ou d’ailleurs, l’idée est la même : rêver d’une politique qui partage le gâteau au lieu de trouver une recette qui augmente le gâteau. Joli malthusianisme et pessimisme notable qui transforme une économie de paix en économie de guerre ou de catastrophe, qui admet que le gâteau est immuable, qui raisonne exclusivement avec un monde figé, des gens figés, une vie figée.

    C’est le refus de la responsabilité personnelle, c’est la négation de l’espoir. C’est la solidarité collective et ce n’est plus la responsabilité de chacun. Ca permet à tous de se dire, c’est pas à moi de faire, c’est à l’état. Vive l’état maternisant !

    Je ne veux pas de ce monde (que je suis bien obligée de prendre – démocratie oblige) mais je ne veux surtout pas de ce type de pensée.

  5. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    5 janvier 2011 09:16

    @BlogueQuiPeut,

    Bonjour.
    Sur le fond, je suis d’accord avec vous. Le bonheur ne passe pas par la possession de biens. Et non, je n’approuve pas la mesure du bonheur grâce aux biens. Mais ce n’est malheureusement pas la première chose que je n’approuve pas et qui est pourtant dominante ! Mesurer l’augmentation des injustices en termes de différences de revenus et donc de biens consiste à la mesurer en capacité de possession ….

    Bien sur que non l’argent ne fait pas le bonheur, mais manifestement ça fait la politique ! Et allez faire une campagne politique avec l’idée « je vous rendrai heureux mais sans que vous ayez plus  » il y aura 60 millions de personnes pour vous répondre d’une seule voix qu’on ne peut pas être heureux quand on n’a rien !

    PS : je ne moque pas le sondage, je suis outrée par tous ceux qui regardent ce qu’ils n’ont pas au lieu de regarder ce qu’ils ont ! Pire ils regardent ce que les autres ont, ce qui est quand même le modèle de l’envie. Et plus personne pour dire que l’envie est un vilain défaut.

    Et en admettant que l’envie ne soit plus un défaut, plus personne aujourd’hui pour penser qu’on peut essayer d’obtenir par ses propres efforts ce qui fait envie mais plus facile de le retirer à ceux qui l’ont !

    PS 2 : il n’y a plus guère de spiritualité aujourd’hui en occident. Même en réunissant toutes les religions pratiquées en France, il n’y a que 8 millions de religieux, soit 12 % de la population. Et vous voudriez que l’argent qu’on a ou ce qu’on peut avoir sans que cela coûte ne soit pas au centre des préoccupations de ceux qui n’ont pas l’appel de Dieu comme moteur ?

  6. René de Sévérac permalink
    5 janvier 2011 15:19

    Permettez-moi d’intervenir tout en évitant de propager mon découragement.
    Deux mots de présentation : gosse de pauvre d’après-guerre, père de quatre enfants (dont deux en cours d’étude) -tous honteusement riches (j’ai horreur des Noël) -.
    J’ai cru au progrès, j’ai été militant socialiste 20 ans. Essuyez vos larmes !

    Maintenant, quelques remarques :
    – le centre n’existe pas, sauf à considérer que les extrémités du segment soient parfaitement identifiés : je vous invite à faire l’analyse (mondialisation, moeurs, etc.)
    – l’ailleurs que quelqu’un évoque est à définir. Je suis prêt à suivre. Ivan Illich, Ellul ont échoué.
    -« Bien sûr, je suis choquée qu’il y ait des très pauvres » dites-vous.
    Notre système en fabriquera toujours.
    Il en vit et le monde entier ne peut satisfaire la demande …

    Voilà que je me laisse aller vers … les heures les plus noires de notre histoire.

    Au fait, j’ai longtemps versé mon obole au Denier du Culte, Secours Catholique, … maintenant, je « re-facture » l’ensemble au contribuable .. qui d’ailleurs (en empruntant sur les marchés) l’impute à nos petits-enfants. La patate chaude. Quand je dis que j’aurais dû me taire.

    Bonne décennie 2011-2020 à tous. Après je ne réponds de rien.

  7. René de Sévérac permalink
    5 janvier 2011 16:25

    Finkielkraut a cité cet aphorisme lors d’une entrevue avec JC Michéa :
    « Le gris est beau ». Mais je ne sais qui en est l’auteur.
    Mais j’ai pensé au centre

  8. 5 janvier 2011 17:04

    … et moi qui avais peur d’être dur avec le centre (j’ai été tagué par Natalia pendant les vacances 😉

    Je ne vais pas déflorer mon sujet (qui sort vendredi), mais le centrisme est pour moi la négation de la démocratie. J’en avais écrit un teaser il y a deux mois, d’ailleurs.

  9. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    5 janvier 2011 17:39

    @HenryleBarde

    Bonsoir.
    Je suis allée lire votre Central park. Oui, cela rejoint bien ce que j’ai écrit ….

  10. 8 janvier 2011 11:53

    Bon voilà, c’est fait… Merci pour votre commentaire. Je persiste à penser qu’en réalité en critiquant le centre-milieu, vous critiquez une tendance gauchisante du centre. Un centre inspiré par le personnalisme chrétien et la doctrine sociale de l’Eglise serait tout à fait intéressant même s’il est fort probable qu’il n’aurait guère de consistance politique dans l’environnement institutionnel et électoral actuel.

  11. nécroX permalink
    10 janvier 2011 21:07

    Je ne réagirai pas à la description du Centre ; disons simplement que je partage votre opinion comme quoi appauvrir les riches n’est pas la solution pour supprimer les pauvres, et que l’égalitarisme est un doux rêve qui mène à tous les abus.

    Je réagirai, par contre, sur votre petite phrase à propos du vote des enfants. Permettez-moi d’être déçu. Vous qui, dans votre dernier billet, critiquiez avec virulence la démocratie et ses dérives, vous me semblez prendre là le contre-pied.

    « Toutes les têtes ne sont pas aussi bien faites les unes que les autres. Et qu’il y a des têtes qui s’en foutent » disiez-vous. Que dire des têtes blondes ? Donner le droit de vote à des gens qui précisément sont convaincus que si leur voisin a plus de jouets que lui « c’est pas juste »? Qui n’ont encore aucune notion d’économie, et bien pire, aucune notion d’Histoire et de philosophie ?
    Un enfant, plus c’est jeune plus c’est égocentrique, et vous voudriez lui demander son avis sur la politique de la communauté ?
    Ma jeunesse n’est pas si loin que cela, et je me souviens du temps où avec mes cousins nous débattions doctement des problèmes du monde. Pour aboutir à la conclusion que l’argent compliquait tout, et qu’il était temps de l’abolir et d’en revenir au troc (!!!). Idée certes poétique, mais dépourvue de tout sens des réalités.

    J’ai lu l’argumentation que vous mettez en lien. Elle se résume à :
    -On a dit que les noirs ne réfléchissaient pas assez pour voter, c’était faux. On a dit que les femmes ne réfléchissaient pas assez pour voter, c’était faux. CQFD, il est faux de dire que les enfants ne réfléchissent, etc. (Puissance de la logique ! Beaucoup de gens pensent que les chimpanzés sont trop bêtes pour voter, tirons-en les conclusions …)

    -Beaucoup de votants adultes sont déjà irrationnels, ignares et « cruels ». Pourquoi ne pas augmenter le nombre de cruels ignares au sein du comité de décision tant qu’on y est ? (Pas de commentaire)

    -Les enfants sont le futur. Cette phrase ne veut rien dire. Ils n’ont même pas conscience de l’être !

    -Les parents prennent des décisions égoïstes qui les avantagent au détriment de leurs enfants. Vision pessimiste !
    Quand bien même on permettrait à ces enfants opprimés de s’exprimer, veut-on nous faire croire qu’ils voteront autre chose que ce leurs parents leur enseignent tous les jours ?
    Et les enfants que l’on ferait voter, choisiraient-ils « servez-moi le monde sur un plateau à la sortie du lycée » ou prendraient-ils des décisions responsables et viables ? Voteront-ils sérieusement « baissez le salaire de mes parents qui m’achètent toutes mes affaires, et ainsi rendez l’horizon économique (relativement) dans deux décennies » ?

    Je ne parle même pas de la formidable cible démagogique que cet électorat représenterait. Voilà qui relèverait le niveau du débat !

    -Un enfant est une personne, et toute personne doit voter. Bel angélisme, mais comme on l’a vu les enfants ne sont tout simplement pas assez en prise avec le monde pour prendre responsablement des décisions.

    Alors certes, tout ce que je reproche aux enfants est vrai pour beaucoup trop d’électeurs adultes. Mais pourquoi aggraver le problème ?

    La seule chose qui jouerait en faveur des enfants, c’est cette capacité à parfois savoir discerner de façon bien plus tranchante qu’un adulte ce qui est juste de ce qui ne l’est pas. Mais même ceci peut se retourner contre eux, tant la politique ne peut se permettre d’être manichéenne.

  12. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    10 janvier 2011 22:21

    @necroX

    Bonsoir. Voilà ce que je pense exactement à propos du vote des enfants. L’exercice de ce vote des mineurs serait effectué par leurs parents.

    Cela ne résoudrait pas le problème des gens qui votent sans véritable réflexion, mais au moins cela donnerait plus de poids aux familles et cela répondrait à une forme de logique.

  13. pedro permalink
    11 janvier 2011 00:34

    3 familles, les umpistes, les pessistes et les centristes, font leur comptes à la fin juin. En une année, elles disposent d’un revenu de 30000 €. Toutes ont 3 enfants qui veulent faire des études, mais toutes doivent beaucoup d’argent à la banque. Chaque fin d’année, toutes ont 3000 € sur leur compte en banque.

    Les parents umpistes empruntent 3 000 € de plus à Finaref pour partir au club med avec la famille du chef du père umpiste pendant que les gosses bossent tout l’été pour payer leur frais de scolarité. A la fin des vacances, les parents sont bronzés, les gosses font la gueule et tout le monde mange des patates et le banquier menace de saisir la maison.

    Les parents pessistes empruntent 1 000 € à Finaref, filent 1 000 € à chaque gosse pour qu’ils s’amusent pendant l’été et vont dans le camping breton ou ils vont chaque année.
    A la fin des vacances, les parents sont pas bronzés, les gosses ont sacagé l’appart et le banquier envoie un avertissement alors que les frais de scolarité sont dus à la fin du mois.

    Les parents centristes envoient les chèques pour les frais de scolarité, remboursent 1 000 € à la banque et envoient les gosses en vacances chez leurs cousins dans le Sud. Il profitent de leurs congés pour repeindre la maison et prennent quelques jours de repos à la campagne. A la fin des vacances, ils sont pas trop bronzés, un peu mieux financièrement que l’année d’avant, mais comme les 3 gosses veulent faire des études longues, il faudra être patient.
    Bonne surprise les gosses sont allés castrer le mais avec leurs cousins et ont chacun 200 € d’argent de poche.

  14. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    11 janvier 2011 07:40

    Bonjour @Pedro

    Très jolie métaphore. J’en déduis que vous êtes centriste, venant de la gauche.
    Si c’était si simple vous auriez raison. C’est une superbe démonstration que j’ai raison de dire que le centrisme est un raisonnement malthusien.

    Il y a aussi la solution de ne pas partir en vacances, de les passer à chercher d’autres solutions : savoir pour quoi les 30.000 euros ont été dépensés (vêtements pour Mme, jeux vidéo pour M., argent de poche pour les enfants). Changer ou réduire certaines dépenses, chercher les moyens pour avoir plus d’argent et DECIDER de mettre tout cela en oeuvre….

    Les pessistes et les umpistes ne trouveront bien évidemment pas les mêmes solutions.

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