Skip to content

Pourquoi nous ne pouvons qu’aider la Grèce

9 mai 2010

Parthénon - Image LarousseJe ne vais pas refaire tout l’historique de l’adhésion de la Grèce à la CEE, au SME et à l’Euro.

La seule chose d’important à savoir, c’est que la Grèce n’était pas au niveau économique des autre pays de la CEE d’alors et que pour elle, adhérer au Marché commun signifiait recevoir de l’Europe plus de sous drachmes qu’elle ne lui en donnait. Tout cet argent a « enrichi » les grecs, mais faussement. Que ce soit la population ou ses gouvernements successifs, chacun a dépensé de l’argent qui ne correspondait à aucune véritable richesse économique. L’augmentation du niveau de vie était artificielle. Confortable mais artificielle quand même. Pour pouvoir maintenir cet artifice, et augmenter le niveau de vie des grecs, la Grèce non contente de la manne européenne, a emprunté, emprunté, emprunté. Aux banques. Européennes. 

Pour pouvoir adhérer au SME d’abord et à l’Euro ensuite, la Grèce a menti sur ses comptes. Pour l’Euro, la BCE (Banque centrale européenne) le savait. 

Vivre au dessus de ses moyens, ça tient ce que ça tient, plus ou moins longtemps (la cavalerie et/ou l’escroquerie n’ont qu’un temps) et ça se termine toujours de la même façon : on corrige ou on meurt.

  • mesures draconniennes (dépenser beaucoup moins que ce qu’on gagne) ce qui permet finalement de revenir à l’équilibre et de rembourser les dettes qu’on a faites avant, mais pour cela, faut du cran
  • faillite. Le problème avec la faillite, c’est que cela ne peut marcher qu’avec des personnes qui disparaissent en même temps que leur argent : les gens qui meurent de faim (ceux qui n’ont pas l’argent pour acheter de la nourriture devenue rare) et les sociétés, personnes morales qui n’existent pas vraiment.

Et donc, avec un état qui ne peut disparaître, ne restent que les mesures draconiennes et/ou les subventions, les allocations et autres soutiens.

Nous en sommes là avec la Grèce. Elle doit rembourser à diverses banques mondiales 8,5 milliards d’Euros le 19 mai prochain. Si elle le fait, elle ne paiera pas ses fonctionnaires fin mai. Si elle ne le fait pas, c’est la merde : cet argent a été prêté par des banques européennes. Les banques françaises et allemandes ont prêté 100 milliards d’Euros à la Grèce.

Et donc, si nos banques ne sont pas remboursées, c’est nous qui paieront. Sans compter l’effet contagion à l’égard du reste du monde. Si l’Europe ne soutient pas les emprunts en Euros d’un des siens, cela signifie que les autres emprunts des autres pays vont devenir risqués, et du coup être plus chers.

La solution de nos gouvernants consiste donc à emprunter (à 2 ou 3 %) à la place de la Grèce (qui ne peut plus emprunter qu’à 9 ou 10 %) pour prêter à la Grèce ( théoriquement annoncé à 5 ou 6 %)  de quoi nous rembourser. L’un dans l’autre, à ce jour, l’Europe va prêter 110 milliards d’Euros à la Grèce. Le FMI, lui, 30 milliards sur trois ans.

Quoi qu’il en soit, cela nous coûtera à nous, français, 256 € par habitant. 275 € à chaque allemand.

Je parie que ces sommes ne seront pas remboursées.

Et les grecs ne sont pas contents : ils ont vécu au dessus de leurs moyens ; ils ont triché, ils ont élu et réélu des gouvernants tricheurs et ils ne veulent pas réduire leur train de vie.

Bien sur que réduire son train de vie n’est pas agréable. Mais parfois, il le faut.

C’est d’ailleurs vrai pour nous aussi.

Ne nous leurrons pas.

 

 

 

 

Publicités
5 commentaires leave one →
  1. 10 mai 2010 09:04

    Vous avez raison.

    Le point qui rend la situation de la Grèce particulièrement difficile, cependant, c’est la politique monétaire.

    Les pays qui se sont retrouvés dans la situation de la Grèce s’en sont le plus souvent sortis, après des années de douleur, mais cette sortie du gouffre s’est toujours accompagnée d’une dévaluation de la monnaie. La dévaluation est douloureuse à court terme, mais c’est elle qui permet d’alléger la dette, de rendre de la compétitivité aux exportations, bref, de relancer la machine économique. Or, la Grèce ne peut pas dévaluer sa monnaie: c’est l’Euro.

    Elle est dans la même situation que l’Argentine, qui avait fixé sa monnaie au dollar. « Importer » la politique économique d’un plus gros pays, c’est bon dans le court terme parce que ça accroît la crédibilité économique du pays, mais ça peut être douloureux dans le long terme parce que cette politique n’est pas adaptée à ses spécificités. L’Argentine a « décroché » à partir du moment où il était évident que son lien avec le dollar n’était plus tenable. Mais la Grèce ne peut pas sortir de l’Euro. Et elle se retrouve avec la politique de l’Allemagne.

    Comment est-ce que la Grèce pourra alors relancer son économie? Avec une baisse de la dépense publique, une augmentation des impôts, pas de dévaluation, pas d’inflation? Le seul levier qui reste, avec les réformes structurelles qui prendront des années avant d’avoir des effets, c’est les salaires. Austérité privée en plus de l’austérité publique.

    Fait pas bon être grec en ce moment…

  2. 10 mai 2010 09:15

    Je ne suis pas économiste et n’ai que très peu de notions d’économies, je ne peux donc pas intervenir là-dessus.
    Sur le plan humain, je peine cependant à lire que « les Grecs ont triché et ont vécu au-dessus de leur moyen ». C’est malheureusement ce qu’il s’est passé pour une petite minorité de la population, qui avait l’influence, les connaissances, et le pouvoir.
    Le paysan du fin fond du Péloponnèse n’est qu’une victime de ces tricheries et manipulations. Il a voté en fonction des informations qu’on lui donnait, et n’avait pas forcément les moyens de réaliser les fraudes qui avaient lieu.
    Mais le souci, comme souvent, c’est que cette politique de rigueur, certes indispensable, s’appliquera à tous: et que par le jeu des vases communiquants et de l’injustice sociale, le paysan du Péloponnèse sera dans une position bien plus critique face à cette rigueur que le politicien bourgeois aisé athénien.
    Sans vouloir faire à mon tour de la caricature malvenue, je suis juste en peine de voir ce qui arrive à ce beau pays, et surtout je comprends le sentiment d’injustice qui a lieu là-bas…
    Voilà pour la nuance que je tenais à apporter sur votre phrase 😉

  3. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    10 mai 2010 16:56

    Bonjour

    Bien sur, certains, voire de nombreux grecs ne sont probablement pour rien dans tout cela. Mais ils ont aussi un peu profité de l’argent de la PAC. Mais les autres européens y sont pour encore moins que les grecs !
    Et c’est certainement nous qui allons payer !
    Le problème c’est je crois, que la Grèce ne peut pas se sortir de ce merdier en moins de 30, 40, 50 ans sans dévaluation de sa monnaie.
    Mais la Grèce n’a plus de monaie? Eh oui, c’est bien le problème.
    Alors bien sur ce sera difficile. Mais plus vite ce sera fait….

    Au fait, connaissez-vous le plan d’économies de la Grèce?

  4. Black Bird permalink
    14 février 2012 08:31

    Et le minimum vital, ça vous dit quelque chose, bande d’économistes attardés?! Allez dire aux sans-abris qui survivent grâce à la mendicité qu’ils vivent au-dessus de leurs moyens!

    On parle d’êtres humains, là. http://ipsnouvelles.be/news.php?idnews=10921

    La richesse, de nos jours, est indexée sur la croissance. Tout le monde sait que c’est à la fois artificiel et destructeur.

    Maintenant, il va falloir choisir: préférez-vous les biffetons ou les humains?

Trackbacks

  1. Les économies que la Grèce fera. Peut-être « Pourquoi se compliquer la vie ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :