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Des nouvelles de …. Polanski (2)

3 mai 2010

Povchéri Polanski ne peut plus se taire.

Le Point publie sans commentaire le texte intégral de la lettre que Povchéri Polanski a adressée à BHL. Il a 8 raisons qui le contraignent à parler.

Il ne peut plus se taire

  • parce que les juges ont refusé de le juger hors sa présence,
  • car les juges ont refusé à sa victime de « cesser d’être harcelée chaque fois que l’on reparle de cette affaire »
  • car un juge a déclaré que 33 jours de prison en 1977 était une peine suffisante
  • et qu’un autre juge a dit aux autorités suisses que ces 33 jours n’étaient pas la peine mais le  » temps consacré à des examens psychologiques » 
  • car il a « été trahi par le juge »
  • le nouveau procureur qui s’occupe de cette affaire et qui a demandé son extradition « est lui aussi en campagne électorale et a besoin de notoriété médiatique..! « 
  • car les États-Unis continuent de réclamer son extradition pour le livrer en pâture aux médias du monde entier 
  • car il est assigné à résidence à Gstaad au prix du versement d’une très grosse caution, qu’il est loin de sa famille et ne peut plus travailler.

Quand on lit attentivement sa lettre (le lien au dessus vous le permettra) on lit aussi

dans la procédure « plaider coupable » j’avais reconnu les faits et j’étais retourné aux États-Unis pour exécuter  ma peine : il ne restait plus que de faire entériner cet accord par le Tribunal

et qu’il reste donc à

prononcer un jugement sur lequel un accord a été pris il y a 33 ans.

Donc, il se reconnaît coupable et ce qui ne lui va pas c’est qu’il n’est pas certain que l’accord qu’il a pris alors avec un juge ne soit pas entériné par le Tribunal. Aux USA lorsqu’un accord de peine est pris entre un délinquant et un juge, cet accord doit être entériné par le tribunal, ce qui est assez logique.

Et l’accord pris, comme il a craint qu’il ne soit pas entériné, il a quitté les USA.

Aujourd’hui, il râle parce qu’il pense que les juges américains qui le recherchent aujourd’hui le font pour des raisons de notoriété et/ou d’image personnelles.  

Peut-être. Je n’en sais rien. Honnêtement, je m’en fiche complètement.

Dans la lettre de Povchéri, on ne lit en revanche aucun regret, remord ni excuse envers sa victime. Encore une fois il l’instrumentalise d’ailleurs en regrettant que les juges n’aient pas fait droit à sa demande d’être laissée de côté !

Dans la lettre de Povchéri, on ne lit jamais qu’il a conscience que s’il est dans cette situation, c’est de sa faute, parce que

  1. il a commis un crime et
  2. qu’il n’a pas voulu assumer cet acte en se soumettant à la justice. 

 

Edit 1 : J’ai déjà rapporté ce que pense la victime.

Edit 2 : Dans un pays de droit, l’avis de la victime ne doit pas influer sur la peine prononcée au nom de la société. Laisser les victimes décider d’une peine ou d’une absence de peine revient soit à valider la vengeance privée soit à valider le racket et les menaces.

Edit 3 : Le 15 mai 2010. Polanski aurait recommencé il y a une vingtaine d’années à Paris.

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6 commentaires leave one →
  1. cilia permalink
    4 mai 2010 12:34

    C’est assez rare qu’un événement me paraisse désolant en totalité.
    Pour celui-ci, c’est le cas.
    Politiquement, c’est l’événement qui m’a fait basculer dans la conviction de ne plus jamais voter Sarko.
    Humainement, alors que je ne suis pas féministe, c’est la désespérance de constater combien demeure intacte l’incompréhension entre les deux sexes.
    Je n’ai pas lu les défenses de BHL, mais ai lu ou entendu celle de Finkie, que je ne pourrai plus jamais lire ou écouter de la même façon.
    Quant à la lettre de Polanski, elle est, à mes yeux, si égocentrée et si … vide.

    Quelques temps après son arrestation, j’ai le souvenir qu’il avait parlé de ‘soutiens’ qui, au-delà de leur bonne volonté, pouvaient lui causer du tort.
    J’en avais gardé l’impression qu’entre ce que toute l’élite ‘amie’ libre pouvait déclarer, pensant bien faire, et ses pensées à lui, alors incarcéré, il y avait un écart potentiellement déterminant.
    A lire cette lettre, je ne vois pas une virgule de différence…

    Je suis désolée pour sa femme et ses gosses, mais je le suis encore plus de la petitesse et de la laideur misogyne que cette affaire a révélées chez tant de personnes.

  2. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    4 mai 2010 13:36

    Bonjour,

    Merci de votre commentaire.

    Il est profondément exact.

    C’est vrai qu’il est triste pour la femme et les enfants de Roman Polanski d’avoir pour époux et père, pas seulement un violeur, mais surtout un homme incapable d’assumer la responsabilité de ses actes, face aux autres mais même face à lui même.

    Il me parait en effet possible qu’à force de se répéter que les juges ne s’attaquent à lui que pour leur propre notoriété, il se prend probablement pour une victime, voire la seule victime de l’histoire, en oubliant qu’il s’est comporté comme une sombre ordure à l’égard de la gamine de 13 ans qu’il a fait boire pour amoindrir sa capacité de défense.

    Et puis, quelle confiance en son mari peut avoir une femme dont le mari viole et sodomise une enfant et n’en a ni regret ni remord ? qui considère que payer sous la contrainte de la justice est suffisant ?

  3. cilia permalink
    5 mai 2010 13:56

    Ceci étant dit, Pourquoi…, je ne peux pas m’empêcher d’attirer votre attention sur la dureté de votre billet.
    Entendons-nous bien, je la comprends et en grande partie, je la partage au mot près.

    Mais autorisez-moi à vous prier de placer cette affaire d’abus sexuel de Polanski sur une jeune personne, en face des affaires d’abus sexuels sur de jeunes personnes au sein de l’Eglise.

    Ne vous fâchez pas, je vous en supplie, ne vous fâchez pas !

    Trente années nous sépare de l’exaction de Polanski.
    En moyenne, trente années nous sépare des exactions actuellement médiatisées de certains membres du clergé.

    Polanski a été immédiatement dénoncé par sa victime. Il n’a pas eu d’autre choix que de se retrouver devant la justice des hommes.
    Il a plaidé coupable.
    Il a effectué une peine d’emprisonnement ferme (pas assez longue a priori. Mais il ne s’agit donc que de la durée d’une peine de prison ferme).

    Les membres du clergé accusés aujourd’hui au grand jour, de pédophilie, semblent avoir été mutés, y compris pour être pris en charge, écoutés, soignés.
    Prison ferme versus mutation et thalasso mentale…

    Vous pensez que l’épouse de Polanski (je préfère exclure les gosses, nous sommes entre mères, je suis sûre que vous partagez l’élan de protection et de bon sens qui m’anime) ne pourrait plus faire confiance à son homme ?
    Et la confiance des fidèles, des mères et des pères des jeunes fidèles après le choc des dernières mises au jour de pratiques de certains clercs, objectivement condamnables ?

    Vous êtes inflexible pour Polanski.
    Ses excuses, sa conscience d’avoir mal agi vous manquent cruellement ?
    Idem pour moi.
    Acceptez-vous de réaliser que ce que le peuple ne pardonne pas à Polanski, est une part remarquable de ce qu’il ne pardonne pas aux membres déviants du clergé ?

  4. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    5 mai 2010 14:28

    @ Cilia,

    Bien sûr, je comprends parfaitement qu’on ne pardonne pas aux membres du clergé qui ont commis ces exactions.

    J’ai déjà écrit ici que la pédophilie est encore plus ignoble lorsqu’elle est commise par des adultes en qui les enfants victimes ou leurs parents, sont censés avoir confiance : un prêtre, un instituteur, un éducateur, un père, un membre de la famille …. (Commentaire n°3 dans ce post http://bit.ly/bXPonw)

    Je me suis quelque peu énervée de l’iniquité qu’il y avait à déterrer (30 ans) aujourd’hui ces affaires pour en faire porter la responsabillité, non pas à ces prêtres malfaisants, mais au pape. Dans le même post, vous trouverez d’ailleurs les liens pour montrer l’iniquité des attaques contre Benoît 16 à ce sujet).

    Pas plus que je ne considère que tout metteur en scène est un violeur fuyard, je ne considère non plus que tout prêtre est un violeur protégé. Il y a eu des prêtres pédophiles mais cela ne singifie pas que tous le sont.

    L’Eglise d’aujourd’hui ne protège plus les prêtres violeurs. Et elle demande pardon pour eux, et pour ce qu’elle n’a pas su faire.

    Certains intellos toutefois continuent de considérer que Polanski n’a plus de compte à rendre à quiconque. Ni lui ni eux ne demandent pardon à la victime.

    Alors oui, sauf important travail psychologique sur lui même, quelle épouse peut faire confiance à un homme qui viole une fillette et ne s’en sent pas coupable ?

  5. 14 mai 2010 13:44

    Quelques remarques quand même :

    L’épouse de Polanski l’a épousé longtemps après les faits qui sont reprochés à son mari, et qui avaient été copieusement médiatisés à l’époque. Elle vit dans le même milieu que lui, celui du spectacle, dans lequel elle est née. Elle est d’ailleurs plus jeune que la victime. Je ne crois pas qu’elle se soit engagée dans les liens du mariage autrement qu’en connaissance de cause.

    Que la victime n’ait pas son mot à dire dans les poursuites, soit. Que les amis de Polanski ne puissent utiliser son « pardon » comme argument, soit. Dans ce cas, que l’on cesse d’utiliser les victimes – celle-ci compris – comme prétextes à la répression extrême.

    Pardonnez-moi si je vous ai choquée.

  6. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    14 mai 2010 14:03

    @Lambertine

    Bonjour. Non, vous ne m’avez pas choquée. L’actuelle Madame POLANSKI s’est certainement mariée en toute connaissance de cause. Mais c’est son problème et pas le mien. A titre personnel, je suis une adepte du pardon dès lors que celui qui demande à être pardonné a réellement compris sa faute, pourquoi c’est une faute et qu’il prenne le ferme engagement de ne pas la commettre à nouveau. La victime n’a pas pardonné, elle ne veut simplement plus être ennuyée avec cette histoire.

    Ce qui me choque dans cette histoire, c’est que

    – Polanski ne se sente pas coupable,
    – estime qu’il est en résidence surveillée non parce qu’il a commis un acte répréhensible, mais parce qu’on lui en veut
    – des « artistes » et « intellectuels » prétendent que les exactions de Polanski ne justifient pas les poursuites judiciaires contre lui, Povchéri.

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