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Et si nos enfants étaient différents de nous ?

27 février 2010

Moi, je détesterais ça. Hypocrisie : zéro.

Il y a une quinzaine, un bloggeur que je ne connais pas a posé cette question : Aimeriez-vous que votre enfant soit homosexuel ?

Juan de Sarkofrance a trouvé la question idiote et pour la rendre plus pertinente, l’a transformée en Aimeriez vous que votre enfant vote à droite ? ou à gauche pour les parents qui votent déjà à droite … 😉 Il a taggé sur ce thème d’autres bloggeurs dont moi pas moi.

Le Chafouin a transformé  cette question en Aimeriez-vous que votre enfant ne vous ressemble pas ? Et, là, j’ai été taggée. Et j’en suis fière. Merci donc au Chafouin.

Comme j’étais requise de donner mon avis, je le fais ici mais ne peux me retenir de lui faire remarquer qu’il a tort de penser que parce qu’il n’a pas d’enfant, il va forcément répondre « un peu à côté, en toute abstraction ». Ben non, bien au contraire. Justement, il n’est pas directement concerné et il peut donc réfléchir abstraitement. En outre, sémantiquement la question est abstraite pour chacun d’entre nous : la question est sur ce que nous aimerions (espoir et conditionnel) et non pas une prédiciton sur ce que nous aurons.  

Sinon, ma réponse à moi aussi serait disqualifiée : comme je suis plus vieille que ces bloggeurs et que j’ai déjà terminé Fistonchéri, je n’ai plus d’espoir au conditionnel, je n’ai plus qu’un présent de l’indicatif : j’ai un fils et il est ce qu’il est. Ecrit comme cela, ça sonne beurk. En réalité, je suis monstrueusement fière de Fistonchéri et sur tout ce qui est important pour moi, il me ressemble, c’est-à-dire que j’ai réussi à lui refiler une conviction d’adulte, semblable à mes propres convictions.  

Tout le début de ce blog raconte comment je suis fière de lui et comme je suis heureuse de son mariage et comme je me réjouis de son choix de Bellefillechérie. Il faut dire qu’elle n’a qu’un seul défaut : elle est alsacienne et non pas bourguignonne. Mais comme c’est aussi une région pinardière, je lui ai déjà pardonné depuis belle lurette ! Elle a aussi une conviction d’adulte, semblable à mes propres convictions et si Dieu m’avait confié une fille, j’aurais aimé la réussir aussi bien.

D’un point de vue sociologique, Fistonchéri est en plein dans la reproduction sociale classique. Bellefillechérie aussi, qui reproduit le goût de l’excellence de son grand père.

Tout cela pour dire qu’au lieu de réfléchir, je vais témoigner.

D’autant plus que  tout le temps que j’ai eu la responsabilité de transformer le super mignon petit bébé (Mougniou-mougniou-mougniou) qui venait de sortir de moi en un adulte autonome, droit, fort, avec des convictions et des aptitudes au bonheur, j’ai été obsédée par ce résultat que je voulais obtenir.

Puisque chacun a changé la question, je vais la transformer aussi. Pour moi, ce n’était pas une question, c’était un objectif obsessionnel : je VOULAIS qu’il me ressemble. Sans honte ni l’hypocrisie si politiquement correcte d’aujourd’hui, je voulais qu’il me ressemble.

JE VOULAIS QU’IL ME RESSEMBLE. Bon, je suis une femme et pas lui, rien que cela fait déjà une colossale différence. S’il avait préféré les chiens aux chats, je n’aurais pas fait d’histoires. De même, il n’aime pas le concombre et je ne lui en veux pas.

Que ceux qui pensent que je suis rudement arrogante de me trouver si bien que je veuille me reproduire à l’identique se rappellent que je suis catho et que je NE suis QUE ce que Dieu et moi avons fait de moi. Et si Dieu me confiait un fils, c’était pour que j’en fasse un fils de Dieu. L’évangile des talents est l’un de ceux que je garde le plus possible présent à mon esprit : Dieu nous donne des talents pour que nous les développions et plus il donne de talents, plus il attend de nous.

Fistonchéri est né intelligent et avec un fichu caractère. Ce sont des qualités dangereuses : ce sont celles des grands truands, des grands tyrans, bref celles des grands hommes. La différence entre le pire et le meilleur a l’épaisseur du papier de soie. Il est né aussi avec une remarquable appétence pour la paresse, appétence soigneusement entretenue par son intelligence. La paresse, c’est de moi qu’il l’a héritée (ya qu’à voir le sous titre de mon blog : je la revendique même !)

Je me répète, mais je voulais que ce super mignon petit bébé (Mougniou-mougniou-mougniou) devienne un adulte autonome, droit, fort, avec des convictions et des aptitudes au bonheur, un homme, quoi, un vrai, capable de se tenir droit. Un homme avec des convictions, la force et le courage de les défendre, l’intelligence pour les faire partager, la volonté de les garder, le tout sous l’oeil de Dieu. Une paille, quoi.

Et puis, j’avais aussi, toujours présentes à l’esprit, deux craintes fondamentales, les deux seules qui mérient qu’on s’y attache parce qu’elles sont définitives : que je meure pendant que je lui étais indispensable (donc, il fallait que je fasse vite et bien pour lui permettre de survivre au mieux à ma disparition) et/ou qu’il ait une maladie mortelle et qu’il faille, enfant, qu’il affronte sa mort et moi avec lui (donc, il fallait que je lui imprime la conviction de la vie éternelle, pour moi pour qu’il ne soit que triste de ma mort mais pas désespéré et pour lui, pour les mêmes raisons).

Comme c’était ça mon objectif, j’ai essentiellement fait deux choses :

  • j’ai laissé tomber tout ce qui n’était pas ça
  • je n’ai pas cessé de le faire avec l’aide de Dieu et la protection de notre mère du ciel : Marie, qui, elle aussi avait un sale môme à faire grandir (je vous rappelle Jésus gamin qui se tire de chez lui sans prévenir pour aller donner des leçons aux prêtres du Temple. Et qui répond à sa mère qui lui reproche l’inquiétude qu’il lui a causée : je ne t’appartiens pas alors fiche-moi la paix. Je vous rappelle aussi Jésus adulte qui répond à sa mère « Femme que me veux-tu ? » quand elle lui suggère de donner du vin pour les invités d’une noce à laquelle ils assistaient ensemble). Jésus était peut-être le fils de Dieu, mais je ne suis pas certaine que pour sa mère, il n’ait pas été un enfant difficile. Tiens, je devrais tagger des mères cathos là dessus.

Ce que j’ai laissé tomber :

  • mon fils. Pour qu’il se relève et qu’il apprenne que tomber, ce n’est pas grave. On se relève et on recommence. En revanche, j’ai toujours encouragé chacune de ses nouvelles tentatives. C’est la persévérance qu’il convient de féliciter et non pas la réussite. Plus tard, j’ai payé sans barguiner les concours auxquels il voulait s’inscrire. « Les » signifie qu’il n’a pas réussi du premier coup et signifie aussi qu’il a persévéré. Donc bravo à lui.
  • l’éducation à la mode d’aujourd’hui. Ce n’est qu’une éducation à un mode de vie et non pas une éducation à la vie. Genre : range ta chambre, prends une douche, lave-toi les dents, couche-toi tôt, dors, mange 5 fruits et légumes, fais du sport, mouche ton nez et dis bonjour à la dame, j’ai froid mets un pull, sois premier en maternelle ou tu seras au chômage, aies un emploi du temps de ministre ou tu seras un délinquant, finis ton assiette il y a des enfants qui meurent de faim …
  • les bons carnets scolaires et les bonnes relations avec les profs. Faut dire que Fistonchéri avait réussi à négocier avec un prof sur le thème : je-sais-que-vous-savez-que-je-sais-que-vous-le-savez, alors vous me laissez tranquille et je ne vous pourris pas votre cours ! Inutile de vous dire qu’il ne me l’a appris qu’après coup !
  • le père noël et les contes de fées. Comment ne pas perdre sa crédibilité si dans le même temps on parle de Dieu et du père noël, et qu’un jour on doit dire que pour le père noël on a menti, mais pas pour Dieu ?
  • la prétendue innocence des enfants. Le péché originel, ça se manifeste très tôt. Ya qu’à voir les cours de récréation de maternelle : la gamin de 3,5 ans qui bouscule un plus petit que lui et qui se marre !
  • lui recommander avec insistance des études particulières ou un job précis : je ne bosserai pas à sa place, c’est à lui de choisir.
  • lui refiler mes frustrations. Ce sont mes frustrations et je ne me sentirai pas moins frustrée s’il faisait ce que je n’ai pas réussi à faire. NB : j’ai de la chance, je ne considère pas ma vie comme foireuse et donc, je n’ai pas de revanche à prendre grâce à lui. J’ai mis 30 ans à accomplir mon projet professionnel, mais j’y suis et s’il l’avait fait à ma place, ça ne m’aurait vraiment pas consolée d’un échec personnel.  

Ce que je n’ai jamais, jamais, mais alors jamais, avec l’aide de Dieu mais contre l’avis de mes ami(e)s soit-disant bien intentionnés, laissé tomber :

  • lui expliquer, trop tôt, le pourquoi du comment des choses de la vie. Le pourquoi du comment des choses de la vie dans le plan de Dieu, veux-je dire. Trop tôt du point de vue d’aujourd’hui qui fait que les adolescents restent des adulescents parce que les adultes sont toujours disposés à estimer que les enfants ne peuvent pas comprendre. S’ils ne comprennent pas, c’est qu’on ne leur explique pas.
  • répondre à ses questions, toutes, tout le temps et toujours. En développant le plus possible mon point de vue, de sorte que ma réponse ne soit jamais une réponse assenée mais expliquée pour que les raisons qui me faisaient répondre deviennent l’évidence de la juste réponse.   J’ai des amis qui m’ont même reproché de ne pas lui interdire d’interrompre une conversation entre adultes. Oui, mais aujourd’hui, Fistonchéri sait écouter les autres, sait ne pas interrompre une conversation, sait que la politesse et le savoir vivre ne sont qu’un jeu social et il sait s’y conformer. L’important c’est la vie éternelle, ce n’est pas la politesse qui n’est pas la politesse de la charité.
  • je ne lui ai jamais demandé son avis sur ce qui était important et je l’ai manipulé autant que j’ai pu pour le convaincre que j’avais raison. Vous voyez, j’ai zéro en hypocrisie. J’ai fait tout ce que je pouvais pour le faire croire en Dieu et lui faire croire que la religion catholique était la meilleure. Je ne lui ai pas demandé son avis.  Pour le faire vacciner, non plus d’ailleurs. Je ne lui ai pas demandé son avis quand il était bébé pour le nourrir. Je n’ai pas attendu qu’il me dise s’il aime les carottes ou pas, il serait mort de faim.  Je lui ai expliqué pourquoi je croyais qu’un certain libéralisme économique était la moins mauvaise solution pour assurer le mieux-être du plus grand nombre. Il faut arrêter avec l’hypocrisie : éduquer, c’est manipuler. Que croyez-vous que fait la loi qui impose les mentions  5 fruits et légumes ? Elle manipule par la répétition. De l’éducation, quoi. Bref, ce que nous disent tous les ministres quand ils veulent nous faire faire quelque chose : éduquer les français. Ca permet d’avoir un consensus. Et les parents ne voudraient pas faire la même chose ?

 

Alors, oui, je voulais qu’il me ressemble. J’ai réussi avec l’aide de Dieu. Fistonchéri est catholique, marié, Bellefillechérie et lui veulent des enfants et ils sont bien partis pour les manipuler pour en faire des enfants de Dieu. Et d’un point de vue politique, ils ne votent pas à gauche.

Donc maintenant, OUI, j’aimerais que mes futurs petits enfants me ressemblent.

Je crois que je peux compter sur leurs parents.

 

Edit : Vous n’imaginez pas comme je ne comprends pas les gens qui veulent des enfants sans croire en Dieu et comme je suis époustouflée par ceux qui veulent les élever sans Dieu.

Edit 2 : Je retire tout le bien que j’ai dit de Bellefillechérie. Elle a ouvert un nouveau blog « Comment vivre marié quand on est con et pleurnichard » Mais sans me le dire ! Non mais !

Edit 3 : je me relis et je m’aperçois que ce texte peut être interprété comme un excès d’autorité. Ce n’est pas le cas : j’ai renoncé à exiger tout ce qui fait l’éducation bourgeoise classique. J’ai toujours voulu convaincre mon fils, imprégnée de l’idée qu’un enfant est achevé d’imprimé à 12 ans. A partir de cet âge là, j’ai cessé de me mêler de son éducation et je l’ai laissé se débrouiller seul avec ses pensées. Nous continuions de discuter et j’essayais parfois de lui montrer d’autres points de vue mais j’ai réellement cessé de le manipuler à cet âge là. Parfois il me l’a d’ailleurs reproché.

Aujourd’hui, nous avons nombre de convictions importantes en commun mais c’est un adulte et je ne me mêle pas de sa vie. D’ailleurs, il est vachement doué pour me dire non. Donc, j’ai réussi à le rendre croyant et capable de prendre ses décisions.

Mon boulot de mère aujourd’hui consiste à me dire que c’est devenu un adulte autonome et que s’il prend une décision, c’est qu’elle est réfléchie, que c’est sa vie et que je ne dois/peux pas m’en mêler. En plus, il est marié. C’est à Bellefillechérie de vivre avec lui, pas à moi.

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17 commentaires leave one →
  1. 28 février 2010 00:53

    Des générations de PSCLV en perspective!
    Excellent ! Bravo pour le zéro hypocrisie (autrement dit honnêteté). Maintenant, il va falloir que je m’y colle. Décidément, le sujet n’est pas facile. Je ne suis jamais posé la question… avant ce soir.

  2. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    28 février 2010 05:13

    En fait, entre le caractère de Fistonchéri et cet objectif, son éducation a eu des manifestations très originales pour tous les politiquement corrects de l’éducation d’aujourd’hui dans un milieu bourgeois. C’est-à-dire que jusqu’à ce qu’il 12 ou 13 ans, tous ceux qui nous voyaient se sont mêlés de me donner des conseils, d’attirer mon attention sur les conséquences nécessairement néfastes de ce que je « laissais faire ». Mais amis, avec le temps, se sont habitués à mon total manque de souplesse sur ce sujet et maintenant, ils ne marquent plus que leur étonnement devant ma joie de son mariage, bien que tous deux n’aient que 23 ans !

    Comme même socialement, il n’est plus possible de critiquer le résultat de mon comportement « dangereux », on ne me critique plus.

    Avec mon éducation à la con, il sait ce qui est beau (il aime les arts, tous, y compris le 7ème – et là, il ne me ressemble pas), ce qui est bien, il est capable d’avoir un véritable projet et de s’y tenir (sans être ni buté ni socialement inadapté), il est bon (sans mièvrerie). D’un point de vue social, il a intégré l’une des premières écoles du monde (sa femme aussi d’ailleurs).

    Tout cela pour dire que toutes ces critiques pendant toutes ces années m’ont contrainte à théoriser ce que je faisais. Cette question était donc pour moi très facile, j’avais trop dû y réfléchir …. Surtout pour la foi : vous savez bien qu’aujourd’hui la mode est à : je lui laisse le choix, quand il sera grand, il décidera s’il veut ou non croire en Dieu. Autant que possible, et tant que j’ai eu une influence sur lui, je lui ai refilé Dieu, non pas comme règle de vie, mais comme explication du monde et comme objectif de vie. Et bien entendu, on m’a reproché de lui avoir filé la foi avec le biberon, ce qui n’est pas, mais alors pas honnête du tout !

    Pour vingt mille raisons dont je ne parlerai pas ici, il n’a pas eu une enfance facile et il a déjà eu sa conversion d’adulte. De mon point de vue de mère « éducatrice » je l’ai fini.
    Comme mère aimante, je ne peux plus qu’être là, quand il veut et si il veut.

    Et je rends grâce à Dieu de m’avoir confié un fils tel que lui et de m’avoir aidée à en faire quelqu’un de bien.

  3. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    28 février 2010 05:15

    PS : Non, Bellefillechérie n’est pas enceinte. Ils se sont mariés parce qu’ils le voulaient.

  4. Man permalink
    28 février 2010 08:46

    Seriez-vous dans l’autorité en demandant que vos petits enfants vous ressemblent ?
    La question de la « ressemblance » ne se pose pas, lorsque l’on met au monde un enfant, c’est un être humain que l’on donne à la terre.
    L’enfant peut être éduqué selon certains préceptes de vie de chacun et je ne jetterai la pierre à personne.
    La vie de Julie (ma fille) n’a pas été toujours facile non plus, mais j’ai essayé de l’éduquer comme j’ai pu, en répondant à ses besoins propres, à ses questions (lorsque je pouvais y répondre), à son fonctionnement, à son écoute, en évitant le plus possible l’autorité, le jugement.
    La connaissance de soi est un long chemin qui permet de comprendre qui l’on est, comment on fonctionne, pourquoi l’on agit comme cela, se poser les VRAIS questions.
    Pour ma part, la naissance de Julie, son éducation, ses qualifications professionnelles, son départ ainsi que son départ lointain (Nouvelle Zélande) me font toujours me remettre en question mais dans la sérénité et dans la liberté de penser.
    Alors, pourquoi vouloir que nos enfants (ou petits enfants) nous ressemblent, ce sont des êtres à part entière et chacun est unique.

  5. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    28 février 2010 10:17

    Bon jour et bienvenue,

    Non ce n’est pas une question d’autorité : relisez la définition que je donne de Fistonchéri : il est aujourd’hui un homme fort, volontaire assuré et si aujourd’hui je me mélais de sa vie, il m’enverrait paître ! poliment, mais tout de même.

    Justement, j’ai le moins possible fait preuve d’autorité. Et le peu que j’aie fait, je l’ai arrêté, il avait à peu près 12 ans. Tout ce que j’ai fait, c’est essayer de le convaincre de la justesse de mes convictions. Et comme je l’ai écrit aussi, j’ai renoncé à plein de choses et donc à plein d’exercices d’autorités.

    Et il réfléchit aussi à aller vivre ailleurs et je sais d’avance que je ne pourrai rien faire contre.

    Vous avez raison, on met un enfant au monde pour le transformer en adulte : qui prend ses décisions sans tenir compte de papa-maman. C’est le boulot des parents. Et leur croix, c’est justement l’autonomie des enfants devenus adultes.

    Et pour vous, ne vous remettez pas en question : vous avez réussi. Julie est une adulte remarquable, capable de prendre des décisions, d’avoir des projets, de s’interroger sur eux, de les mettre en oeuvre et de les réussir : auriez-vous cru qu’elle se trouverait le job de ses rêves en moins de trois semaines ?

  6. cilia permalink
    28 février 2010 15:28

    Aïe !
    Oh la vache, ça fait mal cette béquille sur le tibia !

    Je lisais sereinement votre billet, je souriais en pensant à N. de Buron, j’adaptais en toute confiance mon parcours, ses réussites et ses heurts de mère de fils-chéri-à-présent-terminé-et-réussi au vôtre, et sans prévenir, vous m’assénez un « Vous n’imaginez pas comme je ne comprends pas les gens qui veulent des enfants sans croire en Dieu et comme je suis époustouflée par ceux qui veulent les élever sans Dieu » ?

    Non mais dites, Pourquoi…, vous trouvez cette façon de faire très charitable et très chrétienne ?
    J’aurais un mauvais fond, j’en conclurais que vous pensez que sans foi en Dieu, il n’y a pas de sens à vouloir des enfants, à les aimer et à se casser la tête pour les former au mieux.
    Fort heureusement, j’ai bien des défauts, mais pas un mauvais fond…

    Joli billet cependant.

  7. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    28 février 2010 16:29

    @Cilia

    Bonjour, bienvenue et merci.

    D’abord, moi aussi une suis une fan de Nicole de Buron, de Françoise Parturier et le temps que j’y suis de Flora et Benoite Groult.

    Pour moi, sans foi en Dieu (et donc la vie éternelle) je ne vois pas le sens de mettre un enfant au monde en sachant qu’on le condamne à mort. Je sais, ce n’est que mon point de vue, mais clairement, sans Dieu, mon égoïsme m’eut servi de prétexte à pas d’enfant du tout.

    Alors non, je ne comprends pas mais cela ne veut pas dire que ces personnes sont dingues, ni vous cinglée, inconsciente,etc. Cela veut simplement dire que je suis époustouflée et béate d’admiration : non, je n’aurais pas pu. Ce qui prouve que c’est moi la grande trouillarde sans aucun courage.

    Donc, si votre béquille a frappé votre tibia, c’est que je ne sais pas m’exprimer et je vous en demande pardon.

    Mais revenez, fût-ce en claudiquant …. 😉

  8. 28 février 2010 22:29

    bonjour!
    j’ai bien reçu votre tag sur cette épineuse question.
    Je vais me pencher dessus, mais je sens que ça va être trèèèès compliqué!
    votre post est très sincère, en effet, et, comme vous le dîtes, vous semblez ne pas vous cacher derrière le politiquement correct, c’est certain.
    J’ai moi-même aussi un peu tiqué concernant la façon dont vous exprimez votre foi inébranlable (en vous comparant aux malheureux qui ne l’ont pas ;-)… Mais bon, votre explication à Cilia dans les commentaires m’a convaincue, donc ça va 🙂

    Comme vous le dîtes, vous avez presque achevé l’éducation de votre fils (quoique 23 ans, c’est encore très jeune), il est peut-être plus facile pour vous de prendre du recul, d’avoir quelques certitudes et d’analyser les aspects positifs ou moins positifs de votre vision de la vie que vous lui avez transmis.
    D’autant plus que votre fils est à peu près sorti d’affaire, est heureux, est avec une personne qui lui correspond et se débrouille pas mal socialement.
    Je pourrais dire que l’exercice est finalement moins difficile pour vous!

    Imaginez pour moi: Ma fille est un bébé, notre avenir est évidemment un gros point d’interrogation. J’ai des idées et une façon de voir la vie, je sais quelle direction je veux donner à l’éducation que je veux lui donner.
    Mais je n’ai pas plus de certitudes que ça… et je suis aussi assez prudente et superstitieuse concernant tout ça. En fait, ça me parait très compliqué de faire des plans sur la comète à propos de ma fille, qui, certes, aura quelques points communs avec moi, mais qui sera sûrement une personne bien différente.

    Si je vous dis ça, c’est que j’ai l’impression que les parents oublient vite qu’ils ont été enfants dans leur jeunesse. Malgré toute la bonne éducation que nos parents croient nous avoir transmise, et leur satisfaction à nous voir heureux, ils sont bien souvent à côté de la plaque sur plein d’autres sujets. Leurs enfants ne sont pas forcément « réussis » et « heureux » simplement parce qu’ils ont eu des diplômes, gagnent leur vie et se conforment au moule social dans lequel ils ont grandi.
    Sinon, pourquoi beaucoup d’ adultes (et plus vieux que 23 ans) passent-ils souvent leur vie à se remettre en question, à évoluer, à se battre contre des barrières psychologiques bien souvent créés et imposées par leurs propres parents?

    voilà… c’est très intime, en fait! mais la question est intéressante et mérite d’être étudiée à tête reposée.

  9. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    1 mars 2010 07:58

    @UneChambreàMoi

    Oui, mais justement, c’est parce que vous êtes une jeune maman que c’est intéressant. La question demande l’établissement d’un projet : allez-vous essayer d’influer sur la pensée de votre fille.

    Je viens de refaire un post pour tagger d’autres bloggeuses. Ce post sert de commentaire à votre réponse.

  10. 1 mars 2010 11:37

    Billet très intéressant. Je peine néanmoins à y souscrire sur le fond, mais déjà je ne suis pas maman (juste belle-maman, ce qui n’est pas évident), et je pense que je n’ai pas les mêmes convictions fondamentales que vous.
    Une question cependant, qui m’est restée à l’esprit tout au long: et le papa dans tout ça? Parce que, qui plus est dans l’éducation d’un garçon, il a une sacrée place à prendre. Je suppose que vous avez eu une éducation en accord l’un avec l’autre, mais tout avait l’air si tranché….
    Bonne journée 😉

  11. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    1 mars 2010 12:33

    @Floh,

    Je n’ai parlé que de moi car c’est moi qui ai été taggée. J’ai raconté ce que JE ai ressenti.

    Et courage à vous, belle maman. Ce ne doit pas être évident du tout : être à la fois présente et détachée, s’habituer probablement aussi à aimer mais n’avoir aucun droit à exprimer autre chose que de l’affection et aucun projet. Il y faut une sacrée personalité et un sacré courage auquel on ne pense pas toujours en démarrant une histoire d’amour….

    Je vous souhaite bonne chance.

  12. 1 mars 2010 17:29

    Est-ce que la foi est soluble dans le lait du biberon, m’interrogé-je en vous lisant, Madame.
    C’est tellement une affaire personnelle, la foi. Et rien ne dit que Fistonchéri ne s’en éloigne pas à un moment de sa vie, lorsque les inévitables épreuves poindront. Il pourra s’y raccrocher ou pas. Ce sera son choix et rien de ce que vous pourrez avoir fait ou dit pour lui « refiler Dieu » à haute dose n’y fera !
    J’admire votre détermination du départ pour vouloir que vos enfants vous ressemblent un jour.
    Belle confiance ! Pour moi, dont la fille aînée correspond au portrait idyllique que vous tracez de votre fils, de sa femme et de leur mariage, je n’ai jamais pensé qu’il fallait qu’elle me ressemble, trop consciente de mes faiblesses que je suis. J’ai fait autrefois le caté avec coeur et conviction dans les écoles et les collèges, mais j’ai été toute surprise de constater qu’elle l’avait la foi, elle aussi, et son mari itou !! Mes fils, en revanche, qui ont été enseignés de la même manière, semblent moins branchés sur le sujet ! Mais j’aurais peut-être un jour la surprise de les voir en témoigner, le cas échéant. En tout cas, je respecterais toujours leurs convictions.
    Ce que je souhaitais simplement, c’était leur donner des jalons pour se construire et se conduire en hommes : sensibles aux souffrances d’autrui, aimants leur prochain et courageux. C’est si difficile de vivre ainsi. Un divorce est arrivé, et ce qu’on voulait enseigner s’est révélé bien loin, dans les faits, de la perfection visée ! Pour soi-même, la révolte et le doute prennent le pas sur le reste. Et ce que vous montrez à vos enfants, c’est l’inverse de ce que vous vouliez.
    C’est pourquoi, autant et mieux que ce que j’ai pu faire à leur endroit, le modèle de leur père et de leurs grands-parents, tout imparfaits qu’ils soient aussi, a joué sur ce qu’ils sont en train de devenir et qui n’est pas moi et c’est tant mieux !!

  13. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    1 mars 2010 20:19

    Bien sur que non, je n’ai aucune garantie que ce que j’ai fait dure.

    Personne n’a jamais la moindre garantie sur l’avenir.
    Ce n’est toutefois pas une raison pour ne rien faire, ne pas faire de choix, ne pas prendre de décision. Et ensuite, on prie ou on espère qu’on a fait le bon choix.

    C’est identique pour chacun de nous.

  14. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    1 mars 2010 21:56

    C’est que moi au moins, je ne suis pas hypocrite. Et je ne me cache pas derrière des mots.

    L’ « Education à la santé » par les slogans en bas des pubs télé a exactement le même objectif : arriver par la répétition à changer le comportement des gens.

  15. 12 mars 2010 13:25

    Et si nos enfants étaient mieux que nous… à leur façon ?

    J’ai commis trop d’erreurs pour espérer que mes enfants me ressemblent. Et pourtant, ce que je crois avoir réussi, c’est eux. Même s’ils sont encore très jeunes (de 20 à 24 ans). Pas identiques à moi, mais stables, et avec des valeurs profondes.

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  1. Peut-on vouloir que nos enfants ne nous ressemblent pas ? « Thomas More
  2. Avez-vous réfléchi à l’éducation de vos enfants ? « Les voyages de Julie

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