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Des nouvelles de …. l’égalité des chances à l’école

13 février 2010

Il y a quelques semaines, il a été décidé de réserver un quota de 30 % de places aux boursiers dans les grandes écoles.  Ce sera probablement une de ces fameuses  bonnes idées qui aura l’effet inverse de celui recherché.

La Conférence des grandes écoles a en effet décidé de travailler sur les « biais sociaux des concours ». Jolie formule !

Parallèllement, Valérie Pécresse a changé les conditions d’obtention des bourses, c’est-à-dire qu’elle a augmenté le plafond de revenus supprimant le droit aux bourses,  et cela a permis à 50.000 jeunes de plus d’obtenir des bourses. Ce qui augmente d’ailleurs mathématiquement le nombre de boursiers en classes prépa…

Comme le fait remarquer dans La Tribune, Bertrand Monthubert, secrétaire national du PS à l’enseignement supérieur et à la recherche,  les classes préparatoires ne comptent toujours que 15 % d’enfants d’ouvriers et d’employés contre 36 % pour la population.

Le sociologue François Dubet dont je ne partage pas toutes les idées, met néanmoins le doigt sur un des problèmes de l’école d’aujourd’hui : les enfants des milieux les plus défavorisés ne peuvent acquérir un socle minimum de connaissance avec le système scolaire actuel. Les acquis en lecture des élèves de CM2 analysés sur vingt ans montrent que le score des enfants d’ouvriers a été divisé par deux entre 1997 et 2007. Alors que celui des fils de cadres a légèrement progressé. Dans les 254 collèges « ambition-réussite » (soit les plus difficiles), remplis aux trois quarts par des enfants d’ouvriers ou d’inactifs, un quart n’y maîtrise pas les compétences de base en français à l’arrivée et un sur deux à la sortie, selon les données de la dernière livraison de l’état de l’école.

S’en sortent donc les enfants de parents déjà diplômés – et encore, pas tous !

L’école doit servir à apprendre. Et apprendre, cela veut dire répéter, répéter et répéter encore jusqu’à ce que ce qu’on a appris devienne presque un réflexe. Mon grand père, excellent pédagogue, avait coutume de dire que pour savoir quelque chose il fallait   l’avoir appris 11 fois après l’avoir oublié 10 fois.  

 Alors, pour simplifier mais pas tant que cela, apprendre à lire, cela signifie répéter B A ba, encore et encore. Il est anormal qu’en arrivant au collège, les enfants ne sachent pas lire couramment, ni écrire sans faute d’orthographe pour des mots simples ni fautes d’accord et de conjugaison. Il est anormal que tous les élèves n’y parviennent pas en sortant du collège. Ma génération et celles d’avant y sont parvenues et on ne me fera pas croire que les jeunes d’aujourd’hui sont plus crétins que nous.

Ce n’est pas normal que la France soit obligée de demander aux étudiants et élèves des grandes écoles de tuteurer les élèves qui veulent devenir bons.

Donc c’est l’enseignement qui est foireux.

Les enfants dont les parents écrivent sans fautes sont corrigés par leurs parents. Mais les enfants dont les parents n’écrivent pas ou mal ou peu, vont comme leurs parents, continuer à écrire mal ou peu ou pas. Et comment comprendre l’énoncé d’un problème de maths ou de science si on lit mal ?

C’est vrai de la lecture, de l’écriture, de la littérature, du calcul, des mathématiques, de l’histoire, de la géographie, des sciences  bref de tout ce qui fait les connaissances qui devraient être acquises à l’école et qui servent de base à l’approfondissement qui constituent la culture. C’est à l’école d’enseigner ces bases à tous les enfants : tant qu’elle ne le fera pas, les familles qui le peuvent le feront à la place et à côté de l’école.

L’égalité des chances ne passe pas par des bourses : elle passe surtout par un apprentissage sérieux qui profite à tout le monde. Au Canada, en Corée, en Finlande, en Islande, au Japon, et en Suède les niveaux de compétence en compréhension de l’écrit sont supérieurs à la moyenne et l’impact du milieu social sur les résultats des élèves est inférieur à la moyenne, révèle la dernière enquête de l’OCDE.

L’ascenseur social par l’enseignement a marché pendant la IIIème république, il marche en Espagne ou en Irlande. En France, il est en panne depuis au moins 30ans, ces trente dernières années pas glorieuses du tout où l’enseignement a joué à changer ses méthodes pour aller systématiquement de pis en pis, avec des instits et des profs qui travaillent de moins en moins.

Et si on revenait aux bonnes vieilles méthodes : l’école doit être un lieu de travail et pas un lieu de vie, pas non plus un lieu voué au « rythme » des enfants.  Le rythme des enfants, c’est jouer. La paresse est une tentation naturelle très répandue : hommes ou animaux ne travaillent ou ne chassent que lorsqu’ils y sont contraints.  Bien sûr qu’apprendre est une contrainte mais cette contrainte est indispensable pour progresser, pour construire sa liberté et son avenir.

L’école est un lieu où on doit aussi apprendre la morale, l’instruction civique. L’école ne doit pas avoir pour objectif d’être ludique, intéressante, elle doit avoir pour objectif d’enseigner et c’est probablement aussi désagréable pour les profs que pour les élèves. Mais c’est à cela qu’elle doit servir.

Et puis, l’école ce n’est jamais que 36 semaines par an et 4 jours par semaine ! De mon temps scrogneugneu, c’était 6 jours par semaine. Forcément, cela faisait deux jours de plus pour répéter. 

En fait l’école d’aujourd’hui parait plus faite par et pour les instits et les profs mais pas pour l’enseignement. 

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