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La France manque de logements … sociaux ?

2 février 2010

Ce lundi, la Fondation abbé Pierre vient de rendre public son quinzième rapport sur le logement. Ce lien permet de télécharger tout ou partie du rapport et de ne pas se contenter des quelques lignes de résumé de nos journaux habituels (web ou papier).

10 millions de personnes pas, très mal ou mal logées. Parmi les mal logées, sont comptées les personnes qui vivent en meublés et celles qui ont des difficultés à payer les factures nécessaires au chauffage de leur logement.

En 2009, il y aurait un déficit de 900.000 logements, soit 100.000 de plus qu’en 2008. Et manquent bien sûr des logements sociaux.

La Fondation formule des propositions pour résoudre le problème. Ce sont des propositions à court terme. Comme pour les retraites : pas dire de choses désagréables mais pas vraiment résoudre de problème.

Construire plus de logements sociaux. Fausse bonne idée. 

Les logements sociaux ne sont majoritairement pas occupés par des gens qui en ont vraiment besoin.

Un organisme de logement social ne renvoie jamais un locataire qui paie son loyer. Sauf dans quelques départements particuliers, les taux d’impayés dans les logements sociaux sont ridiculement bas. Pas parce que les loyers sont adaptés aux revenus. Mais parce que la plupart des locataires de logements sociaux ne les quittent pas en raison de l’intérêt pour eux de garder des loyers très bas.

Bref, une fois qu’on y est entré, si on paie son loyer, on peut mourir dans un logement social, même si en route, on s’est acheté une résidence secondaire.

Ceux qui ont eu la chance d’avoir un logement social à Paris, par exemple, ne les quittent bien souvent pas. Nous connaissons tous des familles qui sont entrés dans des logements de l’OPAC avec des enfants, qui 20 ans plus tard n’hébergent plus leurs enfants qui se sont mariés et/ou sont partis vivre leur vie et ces ménages devenus sans enfants continuent d’habiter leurs 4, 5 ou 6 pièces.  Or au fur et à mesure de leur avancée dans leur vie, leurs moyens ont augmenté et pourtant, ils restent dans leurs logements sociaux.

Pour toutes les bonnes raisons du monde : ils aiment ou se sont habitués à leur quartier, c’est beaucoup moins cher que les loyers du marché libre, ils ont décoré leur appartement et n’ont pas envie de recommencer, etc. Mais, il n’en demeure pas moins qu’ils prennent la place de ménages ou de familles contraintes de se loger en loyer libres et qui peuvent donc se retrouver ainsi trop petitement logés ou mal chauffés.  Je connais même un ménage retraité de 80 ans  qui vit toujours dans son duplex de 150 m² à deux !

D’autre part, ce que l’on ignore assez souvent, c’est que là où il y a besoin de logements sociaux, il n’y a globalement pas de place pour les construire. Les sociétés de HLM de Roanne (au hasard) démolissent leurs immeubles. A Chateauroux aussi. Les villes se dépeuplent et il n’y a donc aucun besoin de logement social à Roanne, Chateauroux, Auxerre et d’autres villes de moins de 100.000 habitants. C’est vrai de très nombreuses villes de province.

Et qui va forcer les mal logés de Paris à aller vivre à Roanne, Guéret et autres villes qui ont des logements libres ?

A Paris et dans la région parisienne, il n’y a plus de place pour construire.

Dans Paris, on ne peut pas contrsuire plus de 8 étages. Qui connait dans Paris des terrains où l’on pourrait construire des ensembles immobiliers ? C’est évidemment vrai aussi de la proche banlieue. Cette zone est la plus dense de France. C’est vrai de Lyon et ses alentours, Marseille et ses alentours, Lille et ses alentours. Il ne reste que les espaces verts (on n’y touche pas, faut garder du vert dans nos villes), les espaces publics (oui, mais quand on entasse des gens, il faut aussi leur permettre de circuler).

Dans les années 60, on a essayé les « villes nouvelles » devenues depuis « villes dortoirs ». On s’est aperçu, face aux théoriciens de l’urbanisme moderne, que, si, les gens aiment vivre là où il y a des petits commerçants commerces de proximité, dans une ville qui ressemble à une ville et que les grands centres commerciaux, c’est bien quand il y a ces petits commerçants en bas de chez soi.

Par ailleurs, les villes de plus lointaine banlieue, dans lesquelles il reste des terrains où l’on pourrait construire, ne veulent pas ou plus de logements sociaux. Les logements sociaux, c’est besoin de plus d’écoles, de services publics, de transports, …,  bref plus de dépenses pour des gens qui ne sont pas forcément des électeurs et que les électeurs déjà présents n’ont pas envie de voir arriver, pour des gens qui paieront une taxe d’habitation sans rentabilité au regard de l’augmentation des charges des communes.

Que croyez-vous, même un maire socialiste/communiste préférera participer à la construction d’un commissariat de police qu’à celle de logements sociaux. Même avec des emprunts à taux zéro, nombre de communes ne veulent pas construire de nouveaux logements sociaux. 

Triste, mais humain.

Donc, augmenter le nombre de logements sociaux est un voeu pieux, mais assez peu réaliste.

Je n’ai pas la prétention de résoudre à moi toute seule ce problème mais je me demande si une solution ne passerait pas par deux mesures :

  • instaurer un maximum de revenus pour rester dans un logement social et un rapport nombre de personnes/nombre de pièces, de sorte que les logements sociaux soient occupés par les foyers qui ne peuvent se loger décemment hors d’appartements sociaux,
  • instaurer un véritable parc de logements à loyers médians en faisant plus participer les personnes privées à la construction de logements intermédiaires. Il faudrait améliorer le système des logements Besson de sorte qu’il devienne encore plus intéressant pour les propriétaires d’acheter des logements construits pour être loués à des loyers intermédiaires et de louer à des loyers intermédiaires : revenus locatifs non imposables par exemple, déduction des emprunts des autres revenus, que sais-je encore…

 

 

 

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3 commentaires leave one →
  1. 20 juin 2011 18:46

    Bof…

    la première idée est entrée en vigueur en 2009, elle ne concerne pas un ménage locataire Hlm sur 100 en France et pas plus de 2 % en ile de France.
    C’est une mesure nécessaire, mais aux effets marginaux sur le volume d’offre.
    la seconde est déjà en partie en place: depuis des décennies il est possible de soustraire ses intérêts d’emprunt (voire ses amortissements) d’autres revenus.

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