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Des nouvelles de Haïti. Et maintenant ?

30 janvier 2010

Mardi 12 janvier, un énorme tremblement de terre ravageait Haïti. Aussitôt, des millions de personnes dans le monde et en France ont donné des millions d’euros. Plus de 40 millions d’euros en France et 58 millions de US$ (moins que les français, cocorico).  Des milliers de personnes, en France et dans le monde, militaires et civils professionnels de l’aide humanitaire sont partis en Haïti. 

Les américains, les plus proches, sont arrivés les premiers. Ils ont occupé l’aéroport et ont commencé à fouiller les décombres. Les autres nationalités sont arrivées et les secouristes ont aussi fouillé les décombres. Dès que des secouristes d’une nationalité attaquaient un immeuble, assez logiquement, les autres allaient ailleurs. De très nombreuses personnes ont ainsi été sorties des blocs de béton, de pierre et de briques qui les enfermaient.

Deux semaines après le séisme, une jeune fille était sortie vivante des décombres. Encore. Qui imagine les deux semaines qu’elle a passées ? Sans nouvelles de ses proches, craignant probablement de mourir là, souffrant la faim, la soif, la peur, sans pouvoir bouger ?

Les secours se sont concentrés à Por t au Prince, la capitale. Pour des tas de raisons : plus proche de l’aéroport et donc du ravitaillement en vivres et en matériel, parce que c’est la capitale, donc la ville la plus peuplée, donc celle avec le plus grand nombre de personnes à sauver et/ou à secourir, Port au Prince a été dévastée et devra être reconstruite à 75 %, etc. Le séisme n’a pas touché que Port au Prince et ailleurs les gens n’ont vu personne pour les aider. Une femme est ainsi restée une semaine sur la chaussée, les deux jambes cassées.

Dans les bilans, ne sont annoncés que les chiffres « certains » : 170 000 morts, cela signifie qu’on a retrouvé 170 000 corps. Jean-Max Bellerive, le premier ministre haïtien craignait lundi qu’il reste encore 200 000 corps à découvrir… Des milliers d’orphelins. Plus d’un million de sans abri. Sans abri, ça veut dire aussi, sans papiers, sans vêtements, sans ses affaires personnelles, sans ses souvenirs : une maison qui s’écroule, s’écroule sur tout ce qu’elle contient. Vous qui me lisez au calme d’un pays tempéré, regardez ce qui est autour de vous, c’est tout ce que vous auriez perdu, en plus de vos amis et probablement d’une partie de votre famille. Il n’y a pas que les maisons détruites, il y a les boutiques, les banques (donc plus d’espèces) les ateliers, les adminsitrations, bref les lieux de travail.

Des chefs d’états sont venus voir.

 Aujourd’hui, il y a encore des cadavres dans les rues, les pillards pillent, les épidémies arrivent, des secouristes étrangers partent en repliant leurs hopitaux mobiles, les russes en tête. Quelques écoles, celles qui ne sont pas détruites et celles qui ne servent pas d’hébergement d’urgence vont réouvrir. Des vendeurs vendent ce qu’ils ont pu retrouver à ceux qui peuvent acheter. Petit à petit, une vie « normale » tente de se réinstaller.

Petit à petit, ce séisme ne sera plus d’actualité pour nous. Il le restera par contre pendant encore des années pour eux et pour toute leur vie pour certains haïtiens.

Il y a en effet aussi toutes les séquelles post traumatiques qui s’installent et qui ne sont pas gérées, il y a aussi tous les blessés, ceux qui ont été soignés et ceux qui ne l’ont pas été, et ceux qui l’ont été sauvagement.

Des chefs d’états s’émeuvent.

Des chefs d’état se vantent.

Habituellement, je ne fais ni pro USA, ni anti USA, c’est un pays qui a ses inconvénients et ses avantages et l’appétence qu’on peut avoir pour lui dépend du point de vue. Mais, là pour Haïti, je ne suis pas convaincue de ses mérites. C’est le pays de l’efficacité : OK. C’est vrai. Pour ne pas avoir à réduire des fractures, ils ont amputé. Pour pouvoir amputer beaucoup, ils n’ont même pas fait la chirurgie réparatrice qui permet d’avoir un moignon non infecté sur lequel les patients pourront installer une prothèse. Donner des soins post opératoires, c’est trop long pour les américains. Les cicatrices (os, chairs et peau) se sont infectés et d’autres équipes médicales doivent amputer plus haut aujourd’hui pour éviter la gangrène ou la septicémie. 

La vantardise d’Obama (Le texte du président Obama en Anglais dans Newsweek et en français dans Le Monde) :

J’ai tout de suite ordonné un effort rapide, coordonné et pugnace afin de sauver des vies en Haïti…  nous agissons pour une raison toute simple : dans les moments tragiques, les Etats-Unis d’Amérique se mobilisent et apportent leur aide. C’est ainsi que nous sommes. C’est ainsi que nous agissons.

Depuis des décennies, le leadership américain est fondé en partie sur le fait que nous ne recourons pas à notre puissance pour soumettre les autres, nous l’utilisons pour les aider à reprendre pied …

Quand nous ne montrons pas seulement notre puissance, mais aussi notre compassion, le monde nous considère avec un mélange de respect et d’admiration. Cela renforce notre leadership. Cela montre le caractère de notre pays…

Je peux comprendre l’urgence dans l’action, je peux comprendre que les USA aient voulu agir en force  efficacité pour se faire pardonner leur inaction à la Nouvelle Orléans, je peux comprendre que les USA veuillent aider à reconstruire ce pays pour ne pas avoir à acceuillir des réfugiés, je peux comprendre … je ne sais pas quoi d’autre.

Je ne peux comprendre qu’à trois pas et demi de leurs propres côtes et contrôlant l’aéroport, ils n’aient pas envisagé de soigner mieux les blessés en les emmenant dans leur hôpitaux. Je ne peux comprendre qu’ils n’aient pas compris que couper à tour de bras des bras (pardon pour le jeu de mot facile) de jeunes, cela revient à donner à tous ces gens déjà éprouvés un avenir peu brillant.

Je ne peux comprendre que Barak Obama profite de ce malheur pour faire la pub pour les USA.

Mais c’est vrai, je ne dois pas comprendre grand chose à la politique.

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