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Une contraception discrète pour les mineures ?

4 janvier 2010

Il y a deux mois, j’avais fait part de mon approbation pour les chèques contraceptions lancés par Ségolène Royal.

Selon RTL.fr, Luc Chatel préparerait un décret visant à permettre aux jeunes filles mineures qui ont des problèmes de communication avec leurs parents de pouvoir consulter le médecin de leur choix, anonymement.

Je ne reprendrai pas les critiques politiques des Pensées d’outre-politique. Il est possible que ce projet ne soit qu’une réponse de la droite à une initiative de la gauche.

Sur ce sujet, je m’en fiche parce que j’approuve le fond du projet.  

Les Pensées d’outre-politique ont également raison en disant qu’il s’agit pour ce projet, comme pour les chèques de Ségo, de s’asseoir sur les parents, leur autorité et leur avis concernant leurs enfants.

Mais les plannings familiaux sont déjà habilités à fournir une contraception aux mineures sans l’accord des parents. Ils sont habilités à les aider à mettre en oeuvre ce qu’il appellent une « IVG médicamenteuse » dans les cabinet libéraux ! Dans ce cas, les médecins proposent un numéro fictif de sécurité sociale, numéro connu des médecins de la sécu pour permettre la prise en charge par la sécu de ces avortements hors autorisation parentale !

Alors il y a longtemps que la législation s’assied sur l’autorité parentale. Et je préfère que ladite autorité soit battue pour une pilule que pour un avortement !

Ce projet présente l’avantage, s’il devait effectivement être mis en oeuvre, de concerner toutes les jeunes filles et pas seulement les pooitevines-charentaises.

Sur le fond, je l’approuve.

Je l’approuve du point de vue des jeunes filles car mieux vaut une contraception qu’une grossesse non désirée, et mieux vaut une contraception qu’un avortement.

Pour ce qui concerne les parents – et je l’ai été, donc que personne ne vienne me dire que j’ignore de quoi je parle – ils ont manifestement failli soit dans leur éducation si leur fille mineure a envie de contraception dans leur dos, soit dans leur communication si leur fille croit qu’elle doit le faire dans leur dos.

Pour ceux des parents qui, comme moi, pensent que les relations sexuelles hors amour sanctifié, c’est-à-dire hors mariage, ne sont pas bonnes, ce n’est pas à 15 ans qu’il faut faire passer ce message cette conviction, c’est bien avant ! Tous les messages, toutes les convictions que des parents veulent transmettre à leurs enfants, doivent être enseignés, expliqués, jutifiés, démontrés, bien avant. A la puberté, c’est déjà bien trop tard.

C’est avant que l’enfant, garçon ou fille, doit avoir fait siennes les convictions morales et/ou religieuses de ses parents. 

C’est d’autant plus trop tard que nos enfants vivent dans un monde  qui prône les entassements d’histoires d’amour, TV, presse, copines, qu’ils vivent dans un monde qui prône n’importe quelle relation sexuelle-si-c’est-entre-deux-personnes-consentantes, qui assure que faire l’amour ne fait pas de mal et-puis-au-moins-ça-ne-fait-pas-grossir.

C’est avant d’expérimenter le fait d’être amoureux que les parents doivent avoir enseigné à leurs enfants les différences entre attirance, séduction, passion et amour, le vrai. Ce n’est pas à une fille amoureuse qui croit qu’elle a rencontré l’homme de sa vie, qu’il convient d’expliquer que ce ne sont que ses hormones qui l’agitent !

Seulement voilà, les parents ne voient pas grandir leurs enfants.

 

Edit du 5 janvier 2010 : Luc Chatel dément.

Dommage.

Il y a un peu plus de 200 000 avortements par an. Il augmente surtout chez les moins de 20 ans : 12 560 jeunes filles de 15 à 17 ans et 850 de moins de 15 ans.

Près de 37 jeunes filles mineures se font avorter chaque jour.

Edit du 26 avril 2011 : Luc Chatel dément son démenti

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9 commentaires leave one →
  1. Panouf permalink
    5 janvier 2010 15:37

    Je partage la position de chafouin sur ce sujet:
    Ton argument principal est que c’est moins mal de s’asseoir sur l’autorité parentale pour de la contraception que pour de l’avortement.
    Mais est-ce bien de s’asseoir sur l’autorité des parents? Sans parler pour l’instant de l’aspect contraception versus avortement , est-il bon que l’Etat décrète, sans concertation avec les professionels, de son seul fait, sans étude préalable, que les parents ne doivent pas avoir leur mot à dire au sujet de la contraception ou de l’avortement de leurs enfants?
    Et croit-on vraiment qu’il soit impossible de régler les problèmes de ce type (dont rien ne nous permet d’estimer l’importance: elle est où l’étude montrant la nécéssité de cela, l’importance du phénomène?) Quid des problèmes psychologiques de l’avortement et de l’aide que les parents peuvent apporter à leur enfants à ce niveau?
    Et SURTOUT quelles solutions alternatives? Vous etes sur qu’il n’y en a pas???

    Par ailleurs, le fait que cela existe déjà est-il une bonne raison pour étendre ce dispositif, sans meme regarder si cela est bien ou pas? Je ne me prononce pas sur la question du fond du problème, ça peut très bien etre vrai, mais qu’on ne me dise pas: c’est déjà fait donc c’est forcément bien!! Vous croyez vraiment que je peux pas sortir des choses, meme aujourd’hui qui se font ne sont pas bien? Dans ce cas là, généralisons tous les mauvais comportements, je sens qu’on va rigoler!!

    Par ailleurs, on réclame sans cesse plus de contraception pour lutter contre les avortements, qui sont censés etrez des grossesses non désirées. Euh??? C’est pas ce qu’on fait depuis 1975? On en est à combien de méthodes différentes là? Vous croyez pas que si ça marchait on le saurait, qu’on aurait pas déjà vu que les stastiques de l’avortement baisseraient? Qu’un lobby aussi puissant que le Planing Familial (100 000 000 d’euros de subvention par an, c’est pas rien, sans parler des bénéfices qu’ils ont sans aide de l’etat) ne pourait pas faire cette statistique si elle lui était favorable?
    Ou peut-on encore se demander si augmenter la contraception pour diminuer l’avortement est un mauvais calcul? Rassurez moi: c’est pas politiquement incorrect ça?

    Pour le fait que si les jeunes filles doivent faire ça dans leur dos des parents, il y un problème, ok. Meme si les parents ne sont pas d’accord, c’est encore à elle de décider. Mais qu’on arrète de dire sans réflexion que ce problème nécéssite un décret. Ca me semble etre du dernier ridicule.

  2. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    5 janvier 2010 16:38

    Bien sûr que je suis d’accord avec vous sur le lobbying du planning familial et sur le râtage généralisé de la libération sexuelle. Mais la pilule existe et les capotes sont devenues confortables. Il faut élever nos enfants malgré ces facilités !

    C’est comme de dire que le téléchargement pirate n’est pas un vol, ça reste un vol, même si le législateur torture les mots pour faire qu’au bout du compte, si tu voles rien que pour toi, ce n’est pas vraiment du vol. Ou que les pintades qui vont acheter des Vuitons contrefaits en Italie ne se rendent pas coupables du délit de contrefaçon.

    Non ce n’est pas bien, mais c’est comme cela.

    Ce que je dis, c’est seulement que ce n’est pas à 15, 16, 17 ans ou même 17 ans et trois mois, âge moyen du premier rapport selon Koz…, que des parents peuvent assurer l’éducation sentimentale et sexuelle de leurs enfants.

    Si les enfants couchent à cet âge alors que leurs parents y sont opposés, c’est que l’éducation parentale a échoué ou n’a pas été faite.

    Le décret en question ne vise nullement à interdire aux parents de faire cette éducation : il intervient pour éviter qu’une éducation ratée n’aboutisse à un drame.

    Et si des parents pensent qu’il faut faire l’éducation sexuelle de leurs enfants au moment du mariage (version : ferme les yeux et pense à l’Angleterre), les parents en question ont vraiment un problème !

  3. 5 janvier 2010 17:39

    Je ne suis pas française, mais j’approuve à 100% l’idée de Monsieur Chatel.

    Dans l’idéal, dans l’absolu, il vaudrait mieux, bien entendu, que les parents aient donné à leurs enfants une éducation basée sur la confiance. Une éducation à la sexualité basée sur l’amour réciproque.

    Mais le monde n’est pas idéal. La confiance est trop rarement présente entre parents et enfants. Les cas sont nombreux de parents qui ignorent totalement quelle vie mènent leurs enfants (qui sont pourtant scolarisés dans des écoles chics, cathos et strictes). Les cas sont nombreux d’enfants qui redoutent leurs parents, qui les craignent. Ces situations n’empêchent absolument pas les jeunes d’avoir des relations sexuelles. Alors, autant éviter le pire, c’est à dire, l’avortement.

  4. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    5 janvier 2010 18:01

    Merci, c’est exactement ce que je voulais dire !

  5. 5 janvier 2010 20:27

    J’ai 2 filles 9 et 7 1/2……………….et……..j’ai peur pour elles, pour moi pour nous……..et merci pour votre blog ou l’art de poser les vraies questions……….

  6. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    5 janvier 2010 20:53

    D’abord bienvenue et merci.

    Je vous comprends. Il n’y a pas très longtemps que j’ai eu vos craintes : la contagion des copains, la drogue et les débuts d’internet !

    Et c’est parce que je ne voyais aucun autre moyen de l’en protéger même quand j’aurai le dos tourné, que j’ai essayé de le responsabiliser au maximum, de ne le protéger d’aucune description des dangers existants, de lui en parler – certains prétendront trop tôt : les enlèvements, la pédophilie, la dissimuilation sur internet, les drogues qui créent la dépendance et attaquent le cerveau, les amours – les fausses et les vraies – les grossesses, les pensions alimentaires.

    Et j’ai gardé présent dans ma tête que ces dangers étaient plus graves que le redoublement d’une classe : rater son bac c’est une année de perdue, avoir un enfant à 16 ans c’est le restant de la vie qui change ! rater son bac c’est une année de perdue, se droguer, c’et au mieux 10 ans de perdus, etc.

    Et puis soyons sérieux, apprendre la vie c’est plus difficile que l’école.

  7. 6 janvier 2010 00:56

    Bonjour,
    Je comprends cet argument du moindre mal, même si je crains qu’à force de cautionner ou préférer le moindre mal, on en finisse par doucement dériver de mal en pis tout en trouvant toujours des solutions de moindre mal auxquelles se raccrocher… On a bien à l’époque justifié l’avortement comme moindre mal par rapport aux avortements clandestins, et on l’a défendu comme une mesure d’exception… On en est aujourd’hui à 200.000 avortements par an, et ce malgré la diffusion et la promotion massives de la contraception. On en vient à soutenir la contraception comme moindre mal, alors que certaines ont des effets abortifs secondaires, ou que d’autres le sont directement. Cela fait réfléchir non?
    Sur la forme, dans la situation actuelle, oui il me semble évident qu’une contraception est préférable à un avortement, surtout pour des jeunes de cet âge qui en subiraient encore plus douloureusement les conséquences.
    Sur le fond, pourquoi ne privilégier systématiquement que ces deux options, contraception vs avortement? Pourquoi ne limiter l’éducation sexuelle qu’à des aspects techniques sur la copulation et la contraception? Pourquoi se contenter systématiquement du moindre mal quand le bien est possible? Là est le vrai enjeu me semble-t-il.
    Evidemment, souhaiter une réelle culture de vie et s’abstenir de tout « moindre mal » est un peu utopique alors que les politiques s’en fichent manifestement, que le sujet n’est guère politiquement correct, et que les parents seront toujours imparfaits, hélas de plus en plus me semble-t-il.
    Sujet complexe…

  8. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    6 janvier 2010 04:09

    Evidemment, souhaiter une réelle culture de vie et s’abstenir de tout “moindre mal” est un peu utopique alors que les politiques s’en fichent manifestement, que le sujet n’est guère politiquement correct, et que les parents seront toujours imparfaits, hélas de plus en plus me semble-t-il.
    Sujet complexe…

    C’est très exactement cela.

    Je donne des cours de caté à des élèves de 3ème et de 1ère dans une école privée, catho de l’ouest parisien. Depuis 14 ans, j’aborde le sujet tous les ans et tous les ans il n’y a en gros que deux élèves qui considèrent que l’avortement est un crime. Et quand j’explique que certaines méthodes contraceptives sont abortives, tout le monde tombe des nues. Et mes élèves ont déjà eu leur cours d’éducation sexuelle…

    J’ai même découvert hier que certains médecins du quartier prescrivaient la pilule à des mineures sans se préoccuper de savoir si les parents étaient d’accord !

    Alors, oui, sujet complexe. Pour l’instant bagarre qui peut paraître d’arrière garde. Mais je garde l’espérance que des résistants (qui expriment leur point de vue de manière différente) même ici sur internet – terre de modernité par excellence – parviendront à faire reprendre conscience de la Vie.

    Et les politiques qui ne savent plus que suivre, suivront de nouveau.

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  1. Koztoujours » « L’autorité parentale, c’est quelque chose qui compte »

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