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Un petit peu d’écologie …… et d’histoire

30 décembre 2009

Ma mère racontait à midi sa première rencontre avec des oeufs au lard.

C’était juste après la guerre (39-45) et son père, mon grand-père qui vivait et faisait vivre sa famille dans l’Ile Saint Louis avait gardé pour ses origines simples une forme de révérence. Ma grand-mère avait réussi à éliminer le béret et la ceinture en flanelle mais point les charentaises, le bol de chicorée, le caleçon long et les chemises de nuit et elle n’était jamais parvenue à protéger ma mère de son sens des pélerinages.

Mon grand-père, pur produit de la réussite que l’instruction publique laïque de la IIIème république et les bourses pouvaient faire pour les élèves les plus brillants pélerinait, non pas vers des lieux de culte, mais vers son passé. Même moi, petite fille, tous les ans, je l’accompagnais dans une maison de retraite pour être fièrement montrée à Madame Lucas, sa maîtresse d’école, celle par qui tout arriva. J’avais 5 ou 6 ans, elle en avait au bas mot 80. J’étais bonne élève et heureusement car elle m’interrogeait toujours et elle s’était arrêtée depuis 30 ans aux programmes des années 30 !

Ma mère bien avant moi, accompagnait son père dans ses pélerinages et c’est ainsi qu’au lieudit La Gorvelle, dernière à gauche avant les grilles du château, ils sont allés saluer le maire du village dans lequel mon grand-père avait fait ses premières classes. Le maire, notable local, en tous cas opposé au chatelain, était un paysan riche pour le village, pauvre dans les statistiques nationales.

Mais il aimait beaucoup mon grand-père qui lui avait servi de secrétaire de mairie et ma mère, née justement dans la mairie en question. Donc, bien que leur visite fût impromptue, le maire décrocha une poêle culottée, un jambon à l’os qui séchait à l’âtre, sortit un couteau replié de la poche arrière de son pantalon, en coupa une épaisse tranche qu’il mit à rissoler dans la poêle sur la cuisinière à bois. Quand elle crépita suffisamment, il y a cassé nombre d’oeufs. C’est ainsi que ma mère s’est vu servir ses premiers oeufs au lard. A l’époque les british breakfasts n’avaient pas traversé le Channel, continué au delà de Paris, etc. jusqu’au lieudit La Gorvelle. Ma mère n’en avait donc jamais mangé. Les années de guerre ne l’avait pas vraiment permis non plus. Ces oeufs n’étaient donc pas des breakfasts mais le casse croûte des paysans.

Mais le truc, c’était les assiettes, les casseroles, les couverts. Ma mère n’en avait jamais vu de si sâles, de si gras… A en avoir des hauts le coeur !

Cochons à la fermeIl faut dire que dans les fermes, les eaux de vaisselle servaient ensuite à nourrir les cochons. Dans les fermes, on ne mettait même pas les critaux de soude qui pouvaient servir en ville. Le Teepol lui non plus n’avait pas quitté les villes que les américains avaient libérées. Et c’est comme cela que les eaux de vaisselle étaient écolotes, à tel point qu’elles nourrissaient les cochons, dont plus tard, les jambons allaient sécher au dessus de l’âtre… Mais si les cochons étaient bien nourris du gras et des restes, les ustensiles, eux restaient dégueulasses pas propres.

Notez que ceux qui consommaient tous ces trucs écolos mais pas hygiéniques étaient solides. Ceux qui avaient survécu s’étaient mithridatisés.

Ceci étant, avec l’hygiène (la nouvelle, celle des produits chimiques), certainement aussi les progrès de la médecine, les taux de mortalité infantile sont passés de 52/1000 à 4/1000 de 1950 à aujourd’hui ! Belle progression.

Pas la peine de m’expliquer qu’il ne faut pas tomber d’un excès dans l’autre, etc. blablabla.

J’aimerai tout de même que les papes auto-proclamés de l’écologie d’aujourd’hui se souviennent que nos parents, nos grands-parents ont fait leurs meilleurs efforts pour améliorer leur qualité de vie dans tous les sens du terme et qu’il n’est peut-être pas nécessaire de tout défaire. Qu’ils prennent conscience aussi que tous ceux qui n’ont pas notre confort aimeraient en profiter et que je ne vois pas pourquoi ils ne pourraient pas.

Mais bon, je suis de mauvaise foi. Mais pas que.

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