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Des nouvelles de ….. l’identité nationale

15 décembre 2009

En forme de plaisanterie, quoique, j’avais évoqué l’identité nationale une première fois sur ce blog en parlant d’Astérix, fêté dans Paris…

C’est vrai, Astérix et son copain Obélix sont peut-être caractéristiques de l’identité française : râleurs, roublards, rigolards, ayant les plus grandes difficultés avec l’autorité, doués pour le panache et le système D et raffolant de se battre contre a priori plus forts qu’eux ! Notons au passage qu’ils n’ont aucune religion mais qu’ils sont très, très, mais alors vraiment très doués pour la fierté « nationale » même quand il n’y a pas de quoi ! Après tout, il n’y a que leur village qui résiste à l’envahisseur romain …. Vous me direz que Goscinny les a probablement créés en pensant aux caractéristiques des français.

Michel Rocard affirme quant à lui que, pour ce qui concerne l’identité nationale, « la France est un cas absolument unique. Une petite zone militarisée – Ile-de-France, Val de Loire – va produire une collectivité linguistique nationale…. Cette communauté va se militariser à outrance, parce qu’elle est petite et parce qu’elle est exposée dans une zone de plaine. En conséquence, le royaume de France va se développer en s’étendant militairement, bien au-delà de sa communauté linguistique. La naissance de la France se réalise par la conquête militaire d’au moins cinq cultures – j’appelle culture la coïncidence entre une langue et un art de prier. Je veux parler de la Bretagne, de l’Occitanie, de l’Alsace, d’une partie de la Flandre, de la Corse, et puis de notre petit bout du Pays basque. Vous avez le souvenir de la guerre des Albigeois ? Elle aurait fait entre 400 et 500.000 morts, avec les techniques militaires de l’époque – et la gentillesse de Simon de Montfort. C’est la conquête par le Nord de tout le Midi qui, au sud d’une ligne allant de Bordeaux à Grenoble, parlait Occitan.

C’est ça, la France. Le pouvoir central est construit militairement, ce n’est pas le produit d’une communauté. Tout cela est assez fabuleux et donne à la France une identité très spécifique qui est beaucoup moins marquée par le droit du sang. Très tôt, il y a un sentiment national étonnant, par l’échange de souvenir d’événements.
La victoire de Philippe Auguste à Bouvines permet une sorte de fierté nationale. Il a un peu du David contre Goliath dans la bataille du petit royaume de France face à cette immensité qui était en train de se confédérer, le Saint Empire romain germanique. Et on a fait craquer l’empire.
Puis le moment de cristallisation nationale formidable, c’est la bataille de Valmy, sous la Révolution. Dans les troupes commandées par Dumouriez, on évalue à moins de 20% ceux qui parlaient français.
Et ensuite arrive la IIIe République avec ses hussards noirs qui imposent le français dans toutes les écoles.
Tout cela nous donne un art de vivre ensemble, parfois avec une assez grande indifférence au droit du sang, et donc une majoration de l’identité de choix de culture et de volonté d’un destin commun, largement façonné par la Révolution. Et tout cela est assez magnifique. On a même fait vivre cette identité à la Martinique, à la Guadeloupe, au Sénégal et à dans presque toutes nos colonies. »

Certes Michel Rocard oublie les siècles de rois capétiens qui ont eux aussi, forgé l’identité française : pas de victoire de Valmy sans les siècles capétiens.

N’empêche que Bouvines, Valmy, le petit village d’irréductibles gaulois, c’est quand même un peu le même tempérament. Et ça, c’est à mon avis plus la France que les petits bourgeois de l’entre deux guerres (mondiales) qui ont toujours peur de l’avenir, qui sont le peuple qui économise le plus (3 000 milliards d’euros !) et qui craint le plus l’avenir, qui a tellement peur même de son ombre qu’il a mis le principe de précaution dans sa constitution, pour qui tout changement est nécessairement à craindre, qui a peur de la grippe A et qui a peur de son vaccin !

Vive Astérix qui n’avait peur que du ciel lui tombant sur le tête !

J’ai beaucoup d’admiration pour l’intellligence et la culture de Michel Rocard même si je ne partage pas ses choix politiques et je suis ravie de voir que lui aussi trouve idiote cette idée d’un débat sur ce sujet :

Et je crains beaucoup que le fait d’ouvrir le débat ne se traduise, comme souvent en France, par une volonté de formaliser, de décrire et de mettre dans des textes, ce qui va figer. C’est idiot…

C’est idiot parce que c’est déjà un débat sur les religions la laïcité et sur les vêtements : la burqa, le voile et, la dernière du jour, les casquettes ! Peut-être pas malin de la part de Nadine MORANO, mais encore moins malin de la part des politiques de tous bords et des journalistes qui titillent de faire du foin autour d’une casquette et du sens dans lequel elle est portée ! Quand on pense que la France est aussi le pays de la mode (pour ce qui est du panache, ça se pose d’ailleurs là) !

C’est ridicule. Comme le dit Michel Rocard « On pourrait concevoir ce débat comme un simple enrichissement culturel pour chacun, comme un inventaire des faits fondateurs. Si c’était pour reparler de Bouvines, je trouverais cela très bien. On pourrait rigoler ensemble bu baptême de Clovis. »

Mais ce débat ne me parait pas se diriger dans ce sens. Dommage.

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