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Les femmes au pouvoir en Islande

8 décembre 2009

L’Islande est un tout petit pays de 320.000 âmes au plus, le plus riche du monde jusqu’à octobre 2008, son PIB représentant alors 40.000 € par habitant.

Géographiquement, son nord-ouest fait partie de la plaque tectonique américaine et son sud-ouest de la plaque européenne.  L’Islande est très proche du magma et elle a de nombreux volcans le long de la séparation entre ces deux plaques.

Pour le reste, c’est une île à 10 % couverte de glaciers et que ses geysers ont rendue célèbre. Il y fait en moyenne de 3 à 5°. Toutes les sources thermales ont permis à la population de l’île d’avoir très tôt et pour presque rien chauffage (vraiment) central et eau chaude. Toutes ses rivières ont permis à l’Islande d’avoir une énergie renouvelable et peu chère.

N’y poussent spontanément que des lichens et des broussailles, les vents et l’homme ayant réussi à avoir la peau de la forêt.

Bref, un pays à la géographie pauvre, qui n’a rien pour entraîner une quelconque richesse industrielle et dont l’essor économique est venu du tourisme (en raison de ses particularités géologiques) et de la banque.

En Islande, plus que dans d’autres pays, les banques ont prêté à n’importe qui  voulu prêter à tout le monde : pour acheter une voiture, une maison, des écrans plats …. Les banquiers islandais avaient une source de richesse interne très limitée et ils ont donc emprunté à l’étranger. Lehman brothers en faillite, l’Islande aussi. Pour plus de détails, c’est et . Même Mac Donalds vient d’annoncer qu’il quittait l’île : la courronne islandaise effondrée et le pays incapable de fournir l’approvisionnement, les importations venues des pays européenns ont fait exploser leurs coûts de production.

Je ne parle pas aujourd’hui de l’Islande pour le faire procès d’un libéralisme sans morale mais pour parler des hommes et des femmes au pouvoir.

La crise bancaire en Islande a frappé de plein fouet les trois plus grandes banques nationales qui ont joué aux subprimes américains. Comme dans tous les pays occidentaux, ces banques étaient dirigées par des hommes. Mais vous devez savoirqu’à l’été 2007, avant la crise, trois femmes, Margit Robertet, 45 ans dont vingt à travailler avec des banquiers, Halla Tomasdottir et Kristin Petersdottir, ont fondé Audur Capital. Ensemble, elles ont levé des fonds auprès d’un cercle de riches Islandaises ravies d’investir leur argent dans un «capital émotionnel». Ce fonds finance des sociétés dirigées par des femmes ou dont les services concernent les femmes. En décembre, en réaction directe à l’effondrement de l’économie islandaise, un deuxième fonds a vu le jour, associé à la chanteuse Björk, et destiné aux start-up.

Björk et  les banquières refusent «la finance dopée à la testostérone» et agissent simplement : «La base de notre raisonnement, c’est qu’on n’investit pas sans savoir où l’on va, résume Margit Robertet. On ne jette pas l’argent par les fenêtres. Quand on est entrées dans nos locaux, on a acheté des meubles pas chers chez Ikea. Nous étions écœurées par le gâchis qui avait gagné la société.  Il n’y a jamais eu de tradition de vieil argent en Islande. Les gens se sont comportés en nouveaux riches. Dans une société aussi petite que la nôtre, quand un voisin possède quelque chose, on le veut aussi. Tout le monde s’est mis à emprunter. Nous étions devenus des flambeurs.»

Audur capital, est devenu l’emblème d’un nouveau capitalisme. Alors que toutes les institutions financières ont été englouties dans la faillite du pays, Audur Capital est la seule à garder la tête hors de l’eau. Sur la vingtaine de salariés, quinze sont des femmes, toutes issues du secteur de la banque. Leur credo, c’est le «risque responsable», qu’elles opposent frontalement aux méthodes de la finance masculine.

Au printemps dernier, des élections législatives organisées en avance sous la pression des mécontents,  ont fait perdre le pouvoir aux conservateurs qui dirigeaient le pays depuis la seconde guerre mondiale. Quelques organes de presse s’en sont fait l’écho en vantant l’arrivée historique de la gauche en Islande.

Ce que peu ont dit en revanche est que le parlement est aujourd’hui composé de 48 % de femmes et pour la première fois le premier ministre islandais est une femme.

 J’ai déjà relevé que les entreprises dirigées par les femmes étaient plus rentables et proclamé qu’il fallait plus de femmes dans les entreprises

Les femmes d’affaires islandaises prouvent que ces deux affirmations sont probablement encore plus exactes qu’on veut bien l’admettre et appremment les électeurs islandais l’ont, eux, compris.

Affaire à suivre.

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One Comment leave one →
  1. 8 décembre 2009 23:27

    I’ve been reading along for a while now. I just wanted to drop you a comment to say keep up the good work.

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