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Vive l’adoption homoparentale

12 novembre 2009

TétineCe 10 novembre, le tribunal administratif de Besançon vient d’annuler le refus d’agrément d’une candidate à l’adoption. Les services sociaux avaient estimé que la candidate qui entretient une relation stable avec une femme, ne présentait pas, pour cette raison, les critères requis pour être apte à adopter.

Des blogs d’homos (des deux sexes) ont salué cette avancée. Des blogs d’hétéros (des deux sexes) ont râlé contre ce détournement de la famille.

Je trouve que le droit A l’enfant est une perversion qui s’oppose aux droits DE l’enfant. Les adultes n’ont pas droit à avoir des enfants et les adultes qui ont des enfants ont des OBLIGATIONS envers leurs enfants. En outre, les manipulations médicales de la procréation médicalement assistée aboutissent en réalité à transformer l’enfant en objet de consommation.

Je ne nie pas la souffrance de couples qui ne peuvent avoir d’enfants issus de leurs gènes ou au moins des gènes de l’un d’entre eux mais je considère que cette souffrance ne justifie pas les fabrications d’embryons, les congélations d’embryons, les implantations surnuméraires pour ensuite choisir le ou les embryons paraissant les plus solides, c’est-à-dire pour éliminer les autres. C’est une question de vie et de mort de tous ces enfants et je ne pense pas que la vie qui est finalement laissée à l’un d’eux justifie la mort de tous les autres. Vous serez nombreux et nombreuses à râler contre cette position, mais c’est la mienne.

BEBE DDASSMais, je ne comprends pas que des couples homosexuels n’aient pas la possibilité d’adopter des enfants, dès lors qu’ils n’obtiennent pas ces enfants par ces manipulations médicales. Les couples lesbiens peuvent désigner l’un des utérus pour porter un enfant et donc avoir un enfant. Et il y a aussi des couples gays dont l’un a pu avoir des enfants avant de ne plus être que gay. Je souhaite que les couples homosexuels puissent adopter des enfants comme n’importe quel couple, et sans qu’on favorise l’hypocrisie actuelle qui consiste à laisser des célibataires adopter, pour peu que leur homosexualité ne soit pas trop affichée. C’est au moins le mérite de cette première décision.

Je ne vois donc pas pourquoi on devrait continuer d’interdire d’être parents adoptifs à des homosexuels (gays ou lesbiens). De surcroît, contrairement à la procréation médicalement assistée, l’adoption ne concerne pas des enfants que l’on fabrique exprès mais il s’agit d’enfants qui existent déjà et qui sont adoptables, c’est-à-dire sans parents ni proches qui veuillent/puissent les prendre en charge.

Et je n’ai jamais compris pourquoi la France souffre de ce que j’appelle le complexe des Thénardier. Adopter a toujours été une course poursuite en France : il y a quelques années, adoptants mariés, âgés, dont on vérifiait l’équilibre psychologique et les capacités à être de bons parents. Ce n’est pas comme si les mères célibataires n’existaient pas. Ce n’est pas comme si tous les couples mariés étaient solides psychologiquement et ne divorçaient jamais !

Vouloir des parents parfaits pour des enfants adoptés, c’est bien, mais c’est crétin.

Aujourd’hui l’adoption est ouverte aux célibataires. Et c’est bien, pas pour les parents adoptant mais surtout pour les enfants.

Je suis toute prête à reconnaître qu’en théorie, l’idéal serait que les enfants soient élevés par des parents normaux, père et mère, avec les organes génitaux qui vont avec leur sexe mais aussi avec la psychologie qui va avec leur sexe et que le tout n’ait aucun dysfonctionnement et que la vie soit belle et que tout le monde il est beau et que tout le monde il est gentil….

Mais dans la réalité, même les parents hétéros ne sont pas forcément de bons parents.

DD ASSEt puis surtout, même s’il est avancé que théoriquement les enfants ont besoin d’un référent masculin et féminin, à la DDASS, c’est quoi le référent ? DD pour l’homme et ASS pour la femme ?

Il y a aussi un problème fondamental avec la DDASS, c’est qu’elle n’a d’obligation que jusqu’à la majorité des enfants qui lui sont confiés. A 18 ans et un jour, elle n’en est plus responsable : elle ne leur doit plus ni subsides, ni toit, ni soins, ni éducation.

Probablement que des parents adoptifs homos poursuivront leur engagement au delà des 18 ans de l’adopté. Je le crois. Et ce sera toujours mieux.

Quant aux référents, des gays ont des mères qui peuvent servir de référent féminin et les lesbiennes ont des pères qui peuvent servir de référent masculin.

Je pense que tout enfant adoptable doit pouvoir être adopté.

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13 commentaires leave one →
  1. marion permalink
    12 novembre 2009 18:32

    Et les gays ont des amiEs, et les lesbiennes des amIs qui peuvent servir de référent. Tout comme les amis des parents célibataires (mère ou père) peuvent servir de référent aux enfants. D’ailleurs, quand on est enfant, on a plein de référents, et pas que nos parents : les parrains / marraines, les maitres/maitresses d’écoles, les parents des amis, les amis des parents, les profs de sports ou de musique …

    Alors oui à l’adoption par les homos, non mais !

    PS : merci pour ce post
    PS 2 : en voyant le titre du post, j’avoue m’être demandée un instant si j’allais m’énerver ou vous approuver 😉

  2. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    12 novembre 2009 20:19

    Je suis une réac catho intelligente …
    Blague à part, si Dieu nous laisse libre de faire des bêtises, qui suis-je, moi-même, pour imposer mes modes de vie à tous………

    J’ai un vrai blocage quand on joue avec la vie. Mais pour le reste, il y a longtemps que j’ai compris que l’essentiel de la France n’est plus catho. Alors je ne vois pas bien pourquoi interdire à des non cathos ce que les cathos s’interdisent.

    Et je vais même vous dire que je suis favorable non pas aux droits des beaux-parents, mais aux droits des enfants à revoir leurs ex beaux-parents.

  3. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    12 novembre 2009 20:20

    Bon alors je modifie le titre pour que ce soit plus clair.

  4. 12 novembre 2009 20:28

    Je découvre ce blog via celui de Marine dans Une Chambre à Moi.
    Je vous sais catholique à la lecture de vos commentaires sur son blog donc en voyant le titre, je m’imaginais déjà le contenu du billet mais je me suis trompée!
    Je suis complètement d’accord avec vous: des enfants élevés par des parents aimants, quel que soit leur orientation sexuelle, trouveront certainement plus d’équilibre qu’en étant ballotés de foyer en foyer toute leur enfance.

    Par contre, je suis surprise par votre rejet de la procréation médicalement assistée. On a l’impression qu’il ne s’agit que de manipulation génétique, contre-nature et immorale menée par des Docteurs Frankenstein qui se prennent pour Dieu. Or c’est tout le contraire! Il s’agit simplement d’aider le corps dans ses fonctions reproductrices. Et ce n’est pas parce qu’une fécondation se fait in vitro plutôt qu’in vivo qu’elle est manipulée. Les gamètes se rencontrent tout comme elles le feraient dans l’utérus (sauf qu’elles ne le peuvent pas pour des raisons physiques ou psychologiques). Et le bébé qui naît de ce procédé n’est pas moins humain qu’un autre.
    Je peux comprendre que la gestion des embryons ainsi créés (leur congélation, leur réimplantation voire leur don à des couples stériles) puisse choquer. Mais la sélection naturelle se fait également in vivo, lors des fausses couches notamment. Un embryon mal formé ou non résistant sera « éliminé » naturellement. Quel mal y a-t-il à ce qu’un médecin écarte des embryons qui ne sont de toutes façons pas viables, c’est-à-dire qui ne contiennent même pas un potentiel de vie? Quant à la congélation, elle n’est pas automatique, il faut l’accord des deux parents pour y procéder et bien des couples s’y refusent pour des raisons éthiques personnelles.
    La médecine d’aujourd’hui permet bien des miracles, dont celui de donner à des couples le bonheur de donner la vie. Ce n’est pas un droit, mais c’est une possibilité. Pourquoi y renoncer?

  5. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    12 novembre 2009 20:39

    Disons que je ne suis pas toujours d’accord avec les opinions de certains catholiques dont je ne suis pas certaine qu’eux-même soient d’accord avec BXVI dont la connaissance en France est plus que faussée !

    Ce que je ne comprends surtout pas c’est pourquoi certains veulent imposer leurs règles religieuses à ceux qui ne pratiquent pas cette religion : les cathos ne divorcent pas (admettons) mais les autres si. Les cathos ne sont pas homos (admettons) mais les autres si.

    Et autant je ne pense pas que des adultes aient droit à avoir des enfants, autant quand les enfants existent, il faut faire le mieux pour eux et la DDASS, et les orphelinats dans d’autres pays, ne peuvent jamais être, quelles que puissent être les qualités de ces professionnels, qu’un pis aller qui se justifie et très largement quand on n’a pas mieux à offrir à des enfants.

    Mais dès qu’une ou deux personnes adultes sont disposées à prendre un engagement à l’égard d’un enfant sans adulte, alors je dis banco.

    PS. Comme quoi, faut se méfier des idées toutes faites !

    PS 2 : je vous dis pas comment certains cathos vont me percevoir …. 😉

  6. 12 novembre 2009 21:21

    je suis d’accord avec votre billet:
    vive l’adoption pour les homos! (je suis sure que dans quelques années, on rira bien de ces débats, qui paraitront préhistoriques)
    On peut adopter quand on est un couple hétéro, on peut adopter quand on est un célibataire… et pourquoi pas quand on est homo?
    Les couples homo ont autant d’amour à donner que n’importe quelle autre personne, c’est une chance pour l’enfant de se faire aimer. Point.

    En revanche, je comprends qu’on puisse être contre le mariage homosexuel, pour des raisons d’institution, de tradition qui veulent que le mariage soient l »‘union d’un homme et d’une femme pour procréer ». Mais c’est secondaire…

    Et pour la PMA, n’étant pas vraiment catho (ou de loin…) je suis pour, car je considère que, comme dit Titcheur, ma copine, on améliore, on prolonge le fonctionnement du corps, sans le modifier. Pour booster ses chances de se reproduire.
    Quant au droit A l’enfant… ne peut-on pas parler simplement de désir d’enfant? même fertile, une femme en désir d’enfant fait tout ce qui est en son possible, aux périodes d’ovulation, pour tomber enceinte, au lieu d’attendre qu’il vienne « naturellement », par hasard, quoi. Elle peut même recourir à des stimulations, à des tests d’ovulation, ou à des calculs très précis… cette méthode, pas si naturelle, n’est pourtant pas discutée… Alors, pour moi, la PMA n’est pas si différente.
    Et surtout, avec la PMA, on ne fait de mal à personne, on n’exploite personne, on ne soumet personne.
    contrairement au recours aux mères porteuses, par exemple, qui me parait bien plus discutable au regard des droits humains.

  7. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    12 novembre 2009 21:47

    D’accord avec vous pour, ou plutôt contre les mères porteuses.

    Mon problème avec la PMA, c’est la mort qu’elle entraîne pour les embryons qui ne s’implantent pas ou qui ne survivent pas à l’implantation.

    La différence avec le cycle qu’on surveille, les jambes qu’on garde en l’air pour que le sperme ne reparte pas trop vite dans le sens de la gravité, et même la stimulation ovarienne, c’est qu’on se contente de favoriser la rencontre ovule, spermatozoïde.

    Parce que je suis catho, et de ce point de vue là, je suis (du verbe suivre :)) l’Eglise, l’être humain existe dès la rencontre. Je ne crois pas en l’exactitude de la recherche sémantique qui fait dire aujourd’hui embryon pas humain, foetus humain.

    Pour moi, clairement, quand l’enfant, ne fût-il encore que deux cellules, est là, les adultes qui l’ont fait doivent (DOIVENT) l’amener à l’âge adulte. Et à défaut de ses concepteurs, une société qui se dit évoluée doit favoriser tout adulte prêt à en assumer la charge. Et de même que j’entends qu’on se fiche de de la couleur de l’enfant et de celle de l’adulte, j’entends qu’on se fiche de l’opinion politique de l’adulte en question, j’entends également qu’on se fiche de son sexe et de sa sexualité.

    C’est vrai que dans mon monde idéal, les parents seraient parfaits, tous cathos, sans péchés, sans disputes, sans dysfonctionnements, sans séparations, sans divorce, avec une sexualité hétéro normale – pcq des hétéros tordus, yen a ! – . Mais bon, c’est raté. 😉

    Et encore une fois, je suis catho et je pense que j’ai raison, mais moi, je respecte vraiment les autres religions, les absences de religion et les modes de vie que je ne partage pas. Mais le fait que je ne sois pas homo est strictement sans influence sur le fait que des enfants sont toujours mieux avec des parents qui les ont voulus qu’en orphelinats !

  8. brous permalink
    14 novembre 2009 12:29

    Bonjour,

    La position des juges européen est le refus de la discrimination pour des raisons de préférences sexuelles. Parce que le droit français autorise l’adoption d’un enfant par un célibataire, la position de la court est de ne pas tenir compte de l’orientation sexuelle du demandeur. Ce n’est donc pas une adoption par un couple d’homosexuel. Seul l’une des deux femmes est parent de l’enfant.

    Cette précision est nécessaire car le débat porte maintenant sur « oui ou non, est il bon de d’autoriser un adulte célibataire à adopter un enfant ? »

    La question suivante : « quelle est la place de la famille dans notre société ? Est ce que la famille à un sens aujourd’hui et si oui, pourquoi ?  »

    Et pour aller un peu plus loin et aborder vraiment toutes les questions : « pourquoi faudrait-il interdire la polygamie ? » je suis sur que des enfants qui disposeraient ainsi de plusieurs femmes (hommes) pour s’occuper d’eux seraient mieux considérés de la sorte, que par un couple ‘normal’ de parents absents la plupart du temps pour des raisons professionnelles.

    N’auraient ils pas ainsi plusieurs référents homme-femme autour d’eux ? En outre, l’un des 3 ou des 4 pourraient être à demeure à la maison sans que le revenu du foyer soit impacté lourdement par des frais de nounou -et toutes les charges sociales correspondantes- !

    Au nom de quel principe cette liberté là serait moins bonne qu’une autre et qu’est-ce qui sous-tend les règles de droit d’une nation ?

  9. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    14 novembre 2009 18:35

    @Brous : Dans un monde idéal, je suis d’accord avec vous.

    Ceci étant, aujourd’hui notre société est polygame, pas spacialement mais chronologiquement ! Je m’explique : qui aujourd’hui ne connaît qu’un couple dans sa vie ? Les cathos pratiquants.
    Les orthodoxes, les juifs et les protestants connaissent le divorce. Des empilages chronologiques de couples font effectivement une polygamie …… Pour ce qui est de la polyganie spaciale que vous évoquez, je ne la sens pas venir aujourd’hui où le moindre coup de canif dans le contrat justifie une séparation, où sur ce sujet, plus personne ne connait le pardon !

    Pour ce qui est du droit, formellement, vous avez raison. Mais j’attire votre attention sur le fait qu’un célibataire qui adopte ne reçoit pas en même temps interdiction de se marier, de même qu’un couple qui adopte ne reçoit pas en même temps interdiction de divorcer…

    Dans le cas de cette femme, il est certain que ce n’est qu’elle qui adopte et non pas sa compagne. En revanche, imaginez qu’elle se découvre hétéro et se marie ….

    Ce que je veux dire, c’est que comme faire un enfant est à la portée du premier utérus venu croisant le dernier spermatozoïde de n’importe quel crétin immature, la question de la famille parfaite, surout aujourd’hui qui connait avant tout la règle du j’en-ai-envie-donc-je-peux, ne me parait malheureusement pas d’actualité.

  10. 19 novembre 2009 11:39

    Vous dites « Mon problème avec la PMA, c’est la mort qu’elle entraîne pour les embryons qui ne s’implantent pas ou qui ne survivent pas à l’implantation. »
    Mais ce qu’il faut bien avoir à l’esprit, c’est que dans la nature, il y a bien des fécondations qui donnent lieu à des embryons qui ne survivront pas pour cause d’anomalie génétique ou de mauvaise implantation. La PMA n’y change rien.
    Un embryon n’est pas forcément égal à un enfant; il lui faut d’abord se diviser correctement, puis s’implanter solidement. Le développement peut à tout moment s’interrompre à la moindre anomalie et la PMA n’a rien avoir avec ça!
    La PMA permet juste de féconder l’ovocyte et de le réimplanter. Ni plus, ni moins.
    Si l’embryon vient à disparaître, c’est une fausse couche, qui aurait pu avoir lieu tout aussi bien si l’embryon avait été conçu in vivo.
    Mais bon, n’épiloguons pas non plus! 😉

  11. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    19 novembre 2009 15:17

    Vous avez raison, c’est comme les belles mères ! un jour ou l’autre, elles meurent de toute façon. Donc ça ne change finalement pas grande chose de les pousser dans l’escalier ….

    Pour moi, c’est le même raisonnement.

    Mais n’épilogons pas 😉 .

    Je pense que vous aurez compris que je suis une monomaniaque du respect de la vie et que par conséquent, je ne tuerai jamais non plus quiconque ne partage pas mes opinions…

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