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Les entreprises dirigées par les femmes sont plus rentables

28 août 2009

Parmi les 500 plus grandes entreprises américaines, celles dont le pourcentage de femmes au sein du C. A. est le plus élevé ont dégagé en 2007 un retour sur capitaux investis supérieur de 66 % à celui des groupes affichant la plus faible proportion d’administratrices.

De même qu’ils entretiennent un rapport différent aux tâches ménagères, hommes et femmes entretiennent un rapport différent à la gestion du risque (les hommes négocient plus leurs salaires), au temps (les femmes préfèrent la rentabilité à long terme) et au collectif (qui n’est qu’un pour les hommes et de nombreux uns pour les femmes).

Les entreprises auraient tout à gagner à se féminiser.

En France, les femmes représentent 47 % de la population active. Elles ne sont que 17,2 % des dirigeants d’entreprise et seulement 7,5 % pour les entreprises du CAC 40. Elles ne sont que 8 % des conseil d’administrations des 500 plus grandes sociétés françaises. Fort logiquement dans ces conditions, les femmes perçoivent donc des revenus inférieurs en moyenne de 27 % à ceux des hommes.

Madame Brigitte GRESY, inspectrice générale des affaires sociales a remis à Monsieur DARCOS en juillet un rapport qui préconise d’imposer un quota de 40 % de femmes d’ici à six ans dans les C. A. des entreprises publiques et celles cotées en Bourse de plus de 1 000 salariés. Ces sociétés auraient l’obligation de franchir le cap des 20 % en deux ans.

A l’automne auront lieu au ministère du travail des discussions entre partenaires sociaux sur ce sujet.

AUDE DE THUIN, présidente du Women’s Forum est d’avis que :
« La crise économique a montré les limites d’une gestion unilatérale, essentiellement faite par les hommes. Les Français souhaitent une meilleure complémentarité. Ceci dit, je comprends ceux qui craignent que l’on privilégie le sexe plutôt que les compétences. Mais, sans quotas, rien ne changera. Face aux sceptiques, les femmes doivent donner une autre image d’elles-mêmes. Elles ont les compétences, mais sont souvent leurs propres ennemies. À elles de réaliser qu’elles peuvent avoir un impact sur la société. Les femmes ont des qualités différentes de celles des hommes, notamment une gestion plus prudente. Elles ne visent pas le profit immédiat. Cette complémentarité est nécessaire. »

Je partage son avis.

Laurence Parisot (du MEDEF) relève quand à elle qu’ « À une jeune fille excellente en maths, on fait miroiter des postes de contrôle. On lui dit trop rarement qu’elle a l’étoffe d’un chef d’entreprise. »

C’est vrai aussi.

Le Figaro Madame a fait réaliser un sondage fin juillet dont les résultats sont sans appel :
71 % des français des deux sexes sont favorables à une loi imposant 40 % de femmes dans les C. A. des grandes sociétés. Le résultat est le même quels que soient l’âge, la sensibilité politique ou la catégorie sociale des sondés. « Face à une république qui ne parvient pas à atteindre son objectif de parité, ils sont favorables à une mesure plus contraignante pour changer la donne » analyse Jean-Daniel Lévy, directeur de CSA Politique-Opinion.

Les sondés estiment qu’une plus forte présence féminine dans les C. A. améliorerait l’image (58 %), la gestion humaine (52 %) et la politique environnementale interne des entreprises (48 %).

Et vous, qu’en pensez vous ?

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7 commentaires leave one →
  1. Marie permalink
    29 août 2009 11:49

    Je pense que c’est un peu plus compliqué que ça. Comme vous le précisez, les hommes et les femmes ont un rapport différent à la prise de risque. Les créateurs d’entreprise sont en majorité des hommes (73% d’hommes, d’après Guilhem Bertholet, qui ne dit pas d’où il tire ses chiffres : http://www.guilhembertholet.com/blog/2009/07/24/faut-il-interdire-lentrepreneuriat-chez-les-femmes ). De même, les décisions innovantes, les grands changements stratégiques, sont plus souvent le fait des hommes. Ce qui fait que, pendant que l’économie est en croissance, les entreprises dirigées par des hommes, qui prennent plus de risques, s’en sortent plutôt mieux (vous savez, le B.A-BA de la finance, le couple risque-rentabilité…)

    A l’inverse, en période de crise (et l’année 2007 que vous citez en fait partie, au moins partiellement), le comportement prudent souvent affiché par les femmes permet de limiter la casse par rapport aux entreprises dirigées par des hommes. Et les deux phases du cycle marchent ensemble : par exemple si une banque a été prudente pendant la phase de croissance, elle aura été moins rentable, mais aura moins de CDS et de prêts subprimes à son bilan pendant la crise, donc sera moins touchée (sauf si le/la dirigeant-e est viré avant pour cause de rentabilité insuffisante, mais ceci est une autre hstoire).

    ça m’ennuie d’avancer tout ça sans le support de chiffres, j’avais lu un article qui présentait une recherche sur le sujet et l’étayait avec des données, mais impossible de remettre la main dessus. Il conviendrait aussi de savoir si la variance de rentabilité entre les entreprises dirigées par des hommes et celles dirigées par des femmes est plus grande que celle observées à l’intérieur d’un même sexe : autrement dit, peut-on dire que les femmes en général sont plus performantes que les hommes, ou cela change-t-il autant d’une femme à l’autre qu’entre un homme et une femme ?

    Dans tous les cas, je pense que la mixité des dirigeants peut avoir un effet bénéfique, en permettant de concilier ces différentes attitudes face au risque. Mais l’exemple de la Norvège, qui oblige les entreprises à compter 40% de femmes parmi leurs administrateurs, nous offre un effet pervers dont on parle trop peu : cette obligation, qui a la même force que l’obligation de tenir une comptabilité, avec la même sanction de dissolution de la société si elle n’est pas respectée, cette obligation donc a fait le bonheur d’un petit groupe de femmes, qui avaient l’expérience et les compétences pour un poste d’administrateur et se sont mises à cumuler de très nombreux sièges de CA. Un peu comme la discrimination positive en Afrique du Sud a créé une petite classe de Noirs riches et influents sans changer la situation de la majorité des Noirs.

    Et surtout, pour la Norvège, un risque accru de manque d’indépendance des conseils d’administration, les mêmes personnes siégeant un peu partout. Et ça, c’est bien pire pour la rentabilité qu’un CA uniquement masculin.

  2. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    29 août 2009 21:22

    Bien sûr, toute mesure a un effet pervers. Actuellement ce sont aussi les mêmes hommes en France qui trustent tous les sièges.
    Ensuite, la France est 20 fois plus peuplée que la Norvège … mais a problablement 40 fois plus de sièges à pourvoir.
    Et puis surtout, aujourd’hui les sièges sont probablement effectivement trustées par les seules qui avaient les compétences il y a dix ans. Mais l’obligation génère certainement des vocations dans les générations suivantes.
    Bien sur, au commencement les mesures sont favorables aux bénéficiaires du quota, mais si on ne commence jamais, on n’a aucune chance de voir changer les choses ! Donc il faut commencer pour vos filles.

    Sur un autre aspect de la question, je pense que plus que la prise de risque, la différence entre hommes et femmes tient à la relation avec le temps. Pourquoi les hommes prennent-ils des risques ? Parce que pour eux, dans la plupart des cas, demain n’est pas grave.

    Pour simplifier, permettez-moi une comparaison qui peut paraître simpliste mais qui est très probablement vraie. Du temps des cavernes, les hommes chassaient et les femmes devaient probablement économiser le produit de la chasse quitte à le répartir chichement. Je pense que les femmes gardent le moyen/long terme en ligne de mire et que les hommes gardent la performance/challenge en ligne de mire.

    En résumé, quand on veut gagner beaucoup et vite (et si on peut se permettre de perdre) alors on investit dans une boite dirigée par un homme. Si on veut être certain de retrouver son fric, même 15 ans après, on investit dans des boites dirigées par des femmes.

    Question intéressante : combien de femmes parmi les traders ?

  3. Clément Pitton permalink
    6 septembre 2009 00:28

    Petite remarque pour relativiser la statistique qui sert d’accroche à ce billet : « Parmi les 500 plus grandes entreprises américaines, celles dont le pourcentage de femmes au sein du C. A. est le plus élevé ont dégagé en 2007 un retour sur capitaux investis supérieur de 66 % à celui des groupes affichant la plus faible proportion d’administratrices »

    Cette statistique doit, à mon sens, être considérée avec distance et prudence.

    Le retour sur capitaux est un indicateur très variable selon les secteurs. Il sera générallement plus élevé dans des entreprises de la nouvelle économie à forte croissance ou de services que dans des secteur industriels (automobile, BTP,…). Cette différence sera d’ailleurs encore plus marquée en temps de crise ou l’industrie et les matières premières sont les premiers à morfler. Idem pour les banques qui d’habitude très profitable le sont beaucoup moins en ce moment.

    Or, sans tomber dans du machisme primaire, je ne pense pas trop me risquer en avancant qu’il y a plus de femmes dans les entreprises high tech ou dans les entreprises de services que dans le BTP, l’acier, le pétrole ou l’automobile. Je ne sais pas quelles en sont les raisons et ne cherchent d’ailleurs pas à le savoir. Je ne dis pas non plus que c’est normal. Je me contente de constater.

    Ainsi, la conclusion de cette comparaison me semble peu fiable. Je ne la remets pas obligatoirement en cause mais souhaiterais qu’elle soit faite entre entreprises du même secteur.

  4. pourquoisecompliquerlavie permalink*
    6 septembre 2009 08:19

    Clément, tout d’abord, merci de votre visite et bienvenue.
    Ensuite, vous avez raison. On fait toujours dire aux statistiques ce qu’on veut leur faire dire.

    Reste tout de même que je ne vois pas ce que cela change : les 500 plus grosses sont les 500 plus grosses. C’est vrai aussi que les femmes sont moins dans l’industrie que dans les services. C’est vrai aussi que le président d’une boite de métallurgie doit lui aussi soulever des charges que les femmes ne peuvent soulever ;).
    D’ailleurs, j’ai entendu le président des ciments LAFARGE se vanter d’être le premier à diriger cette boite sans diplome d’ingénieur ! Ce qui prouve que lui aussi a dû faire face au même machisme : pas costaud, pas dans l’industrie, pas ingénieur, pas dans l’industrie !

    Ce que je voulais relever dans ce papier, est le rapport différent que les femmes entretiennent avec la prise de risque certes, mais avec le temps surtout. La prudence est justement liée au temps.

    Mais merci à vous, vous venez de me donner l’idée de mon prochain post.

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