Une tête, une voix.
Il y a une série TV dont je raffole, Boston Justice. Comme j’aime : drôle, déjantée et sérieuse.
Episode 2 saison 5, l’une des affaires concerne une question qui m’énerve depuis toujours : le droit de vote des mineurs. Ou plutôt l’absence de droit de vote des mineurs (ce n’est pas pour cela que j’aime cette série), mais ça prouve tout de même que j’avais de bonnes raisons de l’aimer.
Les pays se disent démocratiques lorsque les populations votent périodiquement pour élire leurs dirigeants (législatif et exécutif confondus). Reste à déterminer la population votante.
Les modalités de sélection des votants sont extraordinairement variées selon les temps et les lieux : sexe, âge (plus de 30 ans, de 25, de 21, de 20, de 18), paiement d’impôts (équivalent à 2 jours de travail, à 300 F, à 200 F …), statut (fonctionnaire ou pas, militaire ou civil), qualité (colonisateur ou colonisé), nationalité, moralité (condamné ou jamais condamné), capacité (diplômés ou pas) capacité (aliénés ou pas), capacité (majeurs ou pas) et sous forme de gag : vivant ou mort (mais pas tant gag que cela …).
Je ne résiste d’ailleurs pas au plaisir (Hihihi
)de relever que les femmes en France ont eu le droit de vote avant les militaires !
Bien évidemment, les motifs pour ne pas donner le droit de voter à diverses parties des populations sont légions. Les bonnes et mauvaises raisons étient/sont nombreuses :
- en France, passée la révolution française, les socialistes ne voulaient pas du droit de vote pour les femmes car elles étaient soumises à la calotte et forcément conservatrices et les françaises ne l’ont eu que 77 ans après certaines américaines et 26 ans après toutes les américaines. Les suissesses ne l’auront qu’en 1972 (en même temps que moi le bac !) et au Lichtenstein, il faudra attendre 1984 ! (Je travaillais depuis 5 ans !), 2005 au Koweit et décembre 2006 pour les Etats arabes unis. No comment.
- les militaires ne devaient pas prendre parti dans les décisions politiques
- en ne payant pas d’impôt, on ne pouvait être intéressé à la gestion des affaires publiques,
- il faut un minimum d’instruction pour conprendre quelque chose à la chose publique
- etc.
Bien. Je résume la situation aujourd’hui en France : tout(e) français(e) de plus de 18 ans qui n’a pas été condamné pour concussion, corruption active ou passive, détournement de bien publics, menaces contre les personnes exerçant une fonction publique… depuis moins de cinq ans, peut doit voter, même les personnes sous tutelle !
A quoi sert de voter : en politique, les votes ont pour objet de participer (de plus ou moins près) à la prise de décisions pour l’avenir.
Et je ne peux m’empêcher de penser que l’avenir concerne plus sûrement (et en tout cas plus longuement) les jeunes que les vieux. Et puisque les capacités économique, intellectuelle ou affective ne sont plus un critère de droit de vote, je ne comprends pas pourquoi les mineurs n’ont pas le droit de vote.
OK, ça choque.
Mais en réfléchissant, j’ai raison :
- les mineurs peuvent avoir de l’argent et leurs parents le gèrent pour eux. Je trouve que les parents pourraient gérer aussi leur droit de vote.
- si les parents s’entendent sur le candidat comme ils s’entendent sur l’éducation à donner à leurs enfants, ils votent avec autant de voix qu’ils ont d’enfants mineurs.
- si ils ne s’entendent pas, ils font comme quand ils ne s’entendent pas : c’est le juge qui décidera à qui le droit de vote doit être confié (c’est aussi le cas pour l’éducation, le domicile, les vacances, la gestion des biens, etc.)
- si ils estiment leurs enfants assez murs, ils pourront les émanciper (pour ce droit comme pour les autres).
Et je trouve que des parents qui ont des enfants sont plus intéressés par l’avenir de leur pays que des personnes qui ont dépassé leurs statistiques de mortalité.
Edit 1 du 2 janvier 2011 : je suis lue au Japon ! Le très sérieux Reiko Aoki, directeur du Centre d’études inter générations de l’université Hitotsubashi à Tokyo affirme même que cela va bientôt devenir une nécessité pour éviter que les votes ne concernent plus que les retraites


Les jeunes votent à gauche
Giscard a perdu en 1981 faute d’avoir compris ca et d’avoir baissé le droit de vote de 21 à 18 ans.
Alors si on veut qu’ils aient un avenir, interdisons leurs de voter
Bonsoir,
Mon propos n’était pas d’abaisser l’âge du vote mais de donner à chaque personne vivante une voix, même les mineurs, à charge pour leurs parents de voter autant de fois qu’ils ont des enfants mineurs.
PS : et à propos des jeunes qui votent à gauche, faut-il déduire qu’il n’y avait plus de jeunes lors des élections de 2002 et de 2007 ?